Je devine déjà la teneur des premiers commentaires qui suivront cette note. On me reprochera de "faire" dans le dérisoire, de m'intéresser à la variété et de consacrer trop de temps à Renaud. On jugera très superficiel le problème que je vais aborder et qui concerne les limites de la liberté d'expression. Peut-être, pour peu que mon texte soit diffusé sur Agora Vox, serai-je même invectivé parce qu'à nouveau je serai amené moins à défendre Nicolas Sarkozy, qui n'a pas besoin de moi, qu'à m'indigner de la nature des attaques déversées contre lui. Nul doute que je serai catalogué par certains et privé de toute légitimité !
Comme je souhaiterais savoir me réfugier dans l'indifférence, pour ne pas réagir au quart de tour chaque fois qu'une information me stimule pour le meilleur et pour le pire ! Toutefois, à nouveau, j'ai succombé en parcourant Le Parisien qui consacre un article dans l'ensemble élogieux au nouvel album de Renaud. J'ai beaucoup aimé Renaud à sa grande époque, les tranches de vie, les fragments de société qu'avec une brutalité souvent tendre il savait offrir. Ce n'était pas de la politique partisane, c'était l'anarchisme d'un esprit libre.
Au contraire, dans son nouvel album il y a une chanson dont le titre, "Elle est facho", renvoie au portrait évidemment chargé d'une extrémiste et permet surtout une rime facile avec "Sarko". Le chanteur complète son oeuvre, si j'ose dire, en précisant qu'il avait modifié sa "chute" pour y intégrer Sarko, "le petit caporal de Neuilly, avec ses idées de haine et d'exclusion et ses provocs imbéciles". Fermez le ban et admirez le courage !
Non, la chanson n'est pas un art anodin. On aurait tort de ne pas la prendre au sérieux lorsqu'elle prétend éveiller la conscience politique de ses auditeurs. Si elle veut s'aventurer non plus sur le terrain du divertissement mais sur celui de la polémique brutale et partisane, elle pourra moins que jamais être perçue comme un plaisir flattant l'oreille. Aragon avait déjà dit à juste titre que la chanson était devenue la poésie du 20e siècle. C'est d'autant plus vrai aujourd'hui où les moyens classiques d'information et de dénonciation sont délaissés au profit d'un genre qualifié de mineur mais qui, à cause de sa facilité même et de l'adjonction d'une musique parfois entêtante, devient dominant et majeur. Aussi, comme on n'a pas le droit d'écrire n'importe quoi, on n'a plus le droit, par rectitude personnelle, de chanter n'importe quoi.
Ce qui devrait imposer un usage responsable du langage qui n'est pas mis à notre disposition pour, dans une gratuité absolue, nous servir de jouet et, éventuellement, de bombe contre autrui. La meilleure preuve de cet arbitraire est le changement de" la chute" pour y mettre un mot provocant qu'on sait inadéquat, à la place d'un autre sans doute plus conforme à la vérité du portrait, mais moins sulfureux. Cette assimilation intellectuellement absurde, politiquement offensante, de "facho" à Sarko serait du même acabit que celle qui pourrait nous conduire, en raison de ses positions systématiquement contestataires, à taxer Renaud de "coco" - réduction qu'il trouverait certainement choquante et qui porte son lourd poids de tragédies.
Ce langage délibérément erratique a pour conséquence plus dangereuse d'aggraver, dans l'esprit populaire, une confusion politique, un embrouillamini civique qui, faisant de Sarko le " facho " qu'il n'est pas, bouleversera les repères et nous habituera à penser et à parler faux. Le mot, comme dans les épopées d'Homère, n'aura plus qu'une fonction d'étiquette infamante parfaitement injustifiée mais peu importe. L'insulte et l'invective auront été lancées. A l'évidence, le langage n'est plus le moyen civilisé pour comprendre, dialoguer, éventuellement combattre les idées par les idées mais il est devenu le combat lui-même. Sarko, facho, la sonorité fait plaisir et comme elle fait mal et qu'elle est fausse, on peut compter sur Renaud pour en être satisfait et sur certains médias pour tresser des couronnes au chanteur.
Pourtant, il n'y faut plus aucun courage. Dans la quotidienneté, il est clair que, sur le plan de la bonne conscience et pour assouvir le besoin de se payer, sans risque, de mots insultants, Sarkozy a pris la place de Le Pen. Plus commodément, on prétend qu'il a pris sa place, de sorte qu'on fait d'une attaque deux cibles. D'autres, parfois, ont paru risquer les mêmes assauts scandaleux mais de manière plus ponctuelle, jamais sur ce registre lancinant et lassant. Si tel ou tel s'était trouvé confronté aux mêmes agressions que Nicolas Sarkozy - et je n'oublie pas les paroles de certains rappeurs -, qui sont d'ailleurs moins inquiétantes pour lui que lamentables pour la démocratie, je vous assure que j'aurais réagi de la même manière. Je déteste le langage qui s'octroie des facilités et se désigne des boucs émissaires quand la réflexion pousserait au moins à du scrupule et à de l'hésitation.
Enfin, que dire de Renaud lui-même qui a connu des drames intimes, des dépendances difficiles à maîtriser et qui aujourd'hui a la chance d'être "très amoureux de sa nouvelle femme" ? Lui qui aurait pu subir les effets d'une médiatisation dévoyée et les méfaits d'un langage inadapté et vindicatif, comment ne perçoit-il pas ce qu'il y a d'outrancier, d'injuste et de bêtement partisan dans cette chanson au fil d'une inspiration qui a rencontré des thèmes meilleurs ?
Tout cela pour ne pas évoquer "ses idées de haine et d'exclusion et ses provocs imbéciles".
Bien sûr, personne n'aura le ridicule de donner une importance judiciaire à ces débordements qu'on n'ose qualifier d'artistiques. Sarko, facho, c'est presque rien. Même pas un petit scandale. Une note dans un blog, un article. Un courage confortable. Un artiste ou prétendu tel est toujours protégé, paradoxalement, par ce qui devrait lui être reproché.
Renaud coco, Renaud soûlo ? Non, surtout pas.
Si je ne peux qu'adhérer à vos propos quant à ce qui est de dire que l'on a connu renaud en meilleure forme artistique et intellectuelle, je me permets de vous faire remarquer que "Sarko" n'est pas la seule victime de son manque d'inspiration et de ses rimes faciles.
Ainsi en était-il notamment de BHL, l'"entarté" de son précédent album, catalogué révolté professionnel ( reproche qui pourrait d'ailleurs s'appliquer aussi à notre renard).
Plutôt que de le faire rimer avec coco ou soûlo (lequel est une insulte à vos yeux?), je vous propose de faire rimer renaud avec démago, lui qui de façon prémonitoire écrivait "jojo le démago, président des gogos".
Merci pour ce blog
Rédigé par: novice | 26 août 2006 at 23:03
Il est dommage que l'on connaisse si difficilement la chanson des siècles précédents, faute d'enregistrement. Les sources (faut-il en revenir aux chansons de geste ?) en tout cas nous rappellent que la poésie chantée, la chanson, n'a pourtant pas été inventée si récemment, indépendamment de ce qu'en dit Aragon.
La musique doit-elle être intelligente, responsable ? Oui si elle ne vise qu'un public adulte. Mais les jeunes, eux, ont besoin de vivre leur jeunesse, d'écouter de douces bêtises dont ils ne perçoivent sans doute pas la gravité - dont heureusement, ils ne perçoivent pas la gravité. Ils ont besoin d'être rebelles, ils ne peuvent donc se contenter d'une pensée fine et naturellement complexe. Ils ont besoin de se déterminer et, pour cela, le plus choquant sera le mieux. Ainsi, autrefois, de ma génération, il pouvait écouter Bérurier Noir, indépendamment des énormités et incohérences qu'on trouvait dans les textes (par exemple, ce groupe de rock faisait dans une chanson l'apologie de la vengeance meurtrière d'une femme violée, dans « Hélène et le sang » : dans une autre chanson, « Et hop », il était proclamé que la peine de mort était l'apanage de l'extrême-droite ; incohérence, puisque sur la question des violeurs, leur point de vue se confondait avec celui de l'extrême droite), aujourd'hui, on peut espérer que lorsqu'il écoute des chanteurs de rap racistes (parlant notamment des blancs comme de « faces de craie ») faisant l'apologie de la délinquance (voire du crime organisé), il n'en retient qu'une absurdité folklorique à laquelle il ne pourrait donner vie, qu'il ne pourrait incarner.
Concernant Nicolas Sarkozy, à vrai dire, il joue de la simplification opérée par ceux qui le décrivent comme Le Pen. Sarkozy est le seul qui, semblerait-il, à vraiment pris la mesure des précédentes présidentielles. Il fait ce qu'il faut pour se substituer à Le Pen dans l'esprit des gens, pour que les obsessions se focalisent sur lui. C'est un bon calcul. Ce qui marche pour Le Pen marche aussi pour lui, avec cette différence énorme que leur fond de commerce n'est pas le même. En ce sens, même si je n'apprécie pas le programme économique et social (notamment le libéralisme économique, la discrimination positive) de Nicolas Sarkozy, on peut estimer qu'il sauve la France de l'extrême-droite. Au lieu de diaboliser l'extrême-droite, méthode qui a montré son impuissance pendant 20 ans, il l'expulse du débat en récupérant ce qui lui fut très inconséquemment abandonné. Il récupère le droit de traiter de racaille des délinquants, il récupère le droit pour la France de se déterminer (notamment au regard de l'immigration). Il récupère donc ce qui était devenu le royaume du Front National, tout en rejettant la lecture raciste apposé au sujet par le Front National. Chapeau ! Sarkozy est d'une manière générale un homme politique à l'image du ministère de l'Intérieur qu'il est : il ne révolutionne pas la galaxie, il n'apporte pas de solutions miracles, il n'a pas forcément raison sur tout ; mais il représente honorablement sa fonction, il est conscient du rôle qu'il a à jouer.
Dans cette affaire, lorsqu'un artiste traite Sarkozy de « facho », lorsque quelqu'un écrit de manière dédaigneuse « Sarko » au lieu de son nom complet, il porte un message énorme : Sarkozy est désormais le porte-parole de tous ceux qui ne voient pas les questions de sécurité sous l'angle de l'angélisme. Les gens un peu paumés qui autrefois votaient FN, ou étaient tentés de le faire, parce qu'ils entendaient partout, à gauche comme à droite, l'accusation de « facho » s'il leur venait à l'esprit d'estimer qu'un délinquant est un élément nuisible pour la société avant d'être une victime de la société, peuvent désormais se rattacher à un autre sein, proposant une vision nette de la responsabilité individuelle sans pour autant que s'y trouve accolée des considérations racistes, des vues sur l'histoire absolument douteuses, etc. Sarkozy comble un vide, un abandon. Certains hommes de droite estiment (lu sur internet) même Sarkozy comme trop à gauche de ce fait.
Pour ma part, j'ai toujours pensé que se soucier de la sécurité de tous les citoyens, est a priori une idée de gauche - sinon, que peut être la gauche, si elle n'est pas capable de tenter de combler les besoins impératifs de tous les citoyens, si elle n'est pas foutue de ne pas complètement perdre de vue la Pyramide de Maslow ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide_des_besoins ).
Rédigé par: Marcel Patoulatchi | 26 août 2006 at 23:58
Soucieux de ne pas vous froisser, l'estime sincère que je vous porte m'interdit d'utiliser à nouveau le terme " dérisoire " ...
Toutefois , sans approuver le chanteur Renaud , je ne peux que constater que le ministre d'Etat , par son propre vocabulaire , ne peut que susciter voire provoquer - n'est-ce pas son souhait - les " paroles " par vous qualifiées d'irresponsables .
La démagogie entraîne la démagogie , les errements sémantiques , le langage "erratique" , le simplisme , les raccourcis blâmables , le populisme , la caricature ...
Les esprits valent selon ce qu'ils exigent et sucitent comme le disait avec justesse Valéry !
Rédigé par: parayre | 27 août 2006 at 01:35
Je pense ne pas trop m'avancer quand je dis qu'un artiste ou tout autre personne ayant pignon sur rue se laissant aller à des rimes trops faciles fini toujours par se planter. (La pente est rude...)
Rédigé par: Pangloss | 27 août 2006 at 01:49
MOI qui croyais Sarko Coco et Renaud facho , me voici dépité réputé même si pas encore député réputé !
c'est dingue,hooo là !
quelle rentrée :-)
un peu déçu mais point encore déchu !
Rédigé par: cactus sacré coco | 27 août 2006 at 18:55
bonjour et merci pour ce billet.
Bonjour et merci pour cette analyse.
Renaud qui chante "sarko facho" , c'est facile et démago, mais il y a pire encore.
Combien d'hommes( et de femmes) politiques de besancenot à hollande, de buffet à mamère, de royal à montebourg exploitent ce thème quotidiennement?
Rédigé par: nicolas | 28 août 2006 at 09:35
Comme "novice" je pense que Renaud rimerait bien avec démago. Je n'avais pas entendu cette chanson sur Sarko, mais celle sur les "bobo" (tiens, encore une rime avec Sarko...). J'ai trouvé cette chanson particlièrement démago. D'une part, le chanteur s'attaque à une cible qui fait consensus. En politique on appel ça tirer sur une ambulance...D'autre part, il nous livre dans un inventaire à la Prévert les caractéristique du bobo pour Renaud... Affligeant. A ce rythme, pourquoi pas écrire une chanson intitulée "les pecnos", une autre "les banlieusard", une autre "les bimbos", "les prolos"... c'est très simple, il suffit d'ouvrir la bonne vieille boîte à clichés, celle qui nous fournit en étiquettes à coller sur le dos des autres. Comble de la couardise, le chanteur déclare "faire sans doute partie du lot"... comme si cet avoeu de "bobohatitude..." lui donnait un blanseing pour lancer la charge. Dans le genre "je ne suis pas raciste mon chien est noir"... Bref, cette chanson est un véritable hymne à l'intolérance qui ne s'attache qu'aux apparences. Rien de politique, juste le désir de je jeter l'anathème sur celui que l'on n'est pas ou ne voudrait pas/plus être.
Rédigé par: réactif | 28 août 2006 at 11:59
Loin de moi l'idée de parler au nom de Renaud, mais je prends volontiers le pari que le slogan "Sarko facho, Renaud coco" le mettrait de fort bonne humeur.
Rédigé par: Rolland Barthélémy | 28 août 2006 at 12:43
Non seulement votre article figure sur agoravox mais il est repris sur yahoo... Je vous inviterais presque à ne pas lire les commentaires sur agoravox car, à n'en pas douter, vous allez y être invectivé, catalogué, privé de légitimité, conspué etc etc...
Je m'empresse d'autant plus de marquer mon accord.
Je connais le symptôme de défense de Nicolas Sarkozy, provoqué davantage par le caractère primaire des attaques dont il fait l'objet que par une vénération quelconque.
Je note entre autres ce que vous dîtes là : "Pourtant, il n'y faut plus aucun courage. Dans la quotidienneté, il est clair que, sur le plan de la bonne conscience et pour assouvir le besoin de se payer, sans risque, de mots insultants, Sarkozy a pris la place de Le Pen."
J'ai toujours été exaspéré par ces "artistes" qui lustrent leur image en se payant Le Pen, et croient ainsi faire acte d'engagement et prendre des risques, quand il n'y en a, définitivement, aucun à le faire.
Rédigé par: koz | 28 août 2006 at 14:56
Je suis moi aussi choqué par la façon dont le mot "fasciste" est de nos jours galvaudé, et je préférerais qu'on en réserve l'emploi à l'égard de ceux qui le méritent vraiment, par exemple tel responsable d'extrême droite qui continue de souhaiter l'internement des personnes séropositives dans des "sidatorium".
En se faisant quotidiennement traiter de « facho », Sarkozy, qui est d’ailleurs loin d’être irréprochable, fait les frais de la mentalité post 68arde, tellement bien enracinée en France, qui ne supporte pas ses positions sur l'immigration, la drogue, les banlieues etc... Bien pensance bourgeoise, qui revendique l'ouverture et la tolérance comme valeurs premières, mais qui ne supporte pas la contradiction et qui taxe de fascistes ou de réacs ceux qui pensent autrement, c’est – à – dire les conservateurs, ceux qui croient encore dans les vertus de la discipline sociale et qui ne célèbrent pas la mort de la famille, de l’autorité, de la morale, ceux qui ne sont pas convertis au dogme de l’anti – libéralisme du dimanche, qui ne méprisent pas les flics et qui se méfient de ce qu’on appelle le « progressisme ».
Rédigé par: Julien | 28 août 2006 at 16:46
Ce qui ne lasse pas de surprendre dans l’article du Parisien, c’est l’absence de questions à Renaud pour ce qui est de ses amalgames grossiers et étroitement militants.
Cette ’exigence intellectuelle et journalistique de base devait, au minimum, inspirer le rédacteur de l’article.
Il y a des électeurs de N. Sarkozy qui ne regrettent pas le temps des colonies, qui ont été heureux de l’abolition de la peine de mort, qui n’ont pas insulté Simone Veil en 1974, et qui ont intégré dans leur famille des jeunes femmes , des jeunes hommes et des enfants musulmans.
« Facho », est-ce cela ? Ou n’ est-ce que l’envers de cela ?
Il y a des mots qu’il faut se garder de cautionner et d’encourager quand, de toute évidence, on ne veut pas se donner la peine d’en maîtriser totalement le sens et qu’on s’abstient de les restituer dans toute leur complexité . Facho a un sens précis , fascisme également.
J’attends qu’on discute résolument et fermement le terme de facho qui qualifie la jeune femme qui vote Sarko.
Rédigé par: Véronique Raffeneau | 29 août 2006 at 05:34
Merci;-)
Rédigé par: Fleuryval | 29 août 2006 at 07:57
Je ne suis pas sûre qu'il (renaud) soit taxé de démago par ses fans ainsi que par le reste des français...
N'étant pas forcément une fan de Sarko( je suis donc objective!!), je ne peux le traiter de "fascho". pourtant c'est comme ça qu'on le voit, pourquoi???
Parce qu'il parle des délinquants comme étant des racailles?
Parce qu'il veut établir des quotas d'immigration???
Il n'y a qu'en france que l'on considère ces idées comme " d'extrême droite"
Plusieurs pays européens et autres (canada, québec, etats unis...)ont des quotas et pourquoi pas?
L'immigration est un problème sensible et difficile à régler. Tous les politiciens ont peur de s'y frotter car humainement il n'y pas de solutions. Evidemment que le cas des sans papiers est triste et que les expulsions sont un déchirement pour tout le monde, mais la france est elle en mesure d'accueillir tout le monde?
Je ne crois pas.
Et je ne pense pas qu'aborder le problème et essayer de le résoudre comme le fait Sarko est critiquable.
Qui s'y est essayé avant sans faire dans la démagogie???
Pourquoi les associations d'immigrés n'abordent elles pas plutot le problème par "l'aide que l'on pourrait apporter aux pays dont sont issus les immigrés"???
c'est quand même une des solutions principales à l'immigration,non?
mmmm toujours le même problème en France: vouloir faire de la politique sans être compétent!!! (et là je fais référence à de nombreux artistes qui se veulent porteur d'un message...)
à bon entendeur...
Rédigé par: marie | 29 août 2006 at 09:58
N’appréciant pas particulièrement Nicolas Sarkozy et sa brochette d’intellos qui l’entourent sans doute pour l’abreuver de réflexions et d’analyses sur l’état de la France (au hasard les Reno, Halliday et autres Klarsfeld) on ne peut que souscrire à ce dévoiement de l’utilisation du terme "facho"…
Mais depuis quelques années, notons que l’on traite de fachos aussi bien Berlusconi Hitler, Sarkosi que Franco… Bref on n’est plus à une exagération près dans ce gigantesque pêle-mêle de l’a peu près.
Dans la rue on voit fleurir des slogans aussi crétins que les travailleurs sociaux qui vont devenir des "indics et des collabos" (à propos de certains aspects de la nouvelle loi sur l’immigration), et j’en passe !
Sans doute que tout ceci n’est que verbiage, mais je me demande toujours comment demain nos enfants auront une perception exacte et claire de ces mots à force de les employer à tort et à travers.
Rédigé par: Eric Nicolier | 29 août 2006 at 13:59
c'est une histoire de sémantique, pour ce mot là et pour tant d'autres....
mots galvaudés de toutes façons, et sémantique piétinée, le contexte est une chose mais il ne doit pas vider de leur sens les mots
la langue française a tant de mots à disposition
mais les médias ne les utilisent pas
les artistes encore moins
ainsi sarko n'est pas facho au sens strict du mot
il est autoritaire, psychorigide....and so on...
Rédigé par: lesyeux | 29 août 2006 at 19:46
On peut, évidemment, trouver le propos de Renaud outrancier, soit. Mais, au delà de l'outrance, toujours démagogique, force est de constater que Sarkozy prête sur le fond et sur la forme le flan à cette appréciation, plus qu'aucun autre. Sarkozy est un démagogue et un populiste plus qu'un facho, sans doute : il surfe sur ce qui est porteur, aujourd'hui ceci, demain autre chose, en fonction du vent, du moment que cela puisse servir son ambition toute personnelle à la fois vide de sens et pleine de lui-même.
Si la chanson était un art mineur, nous n'en serions pas tous nourris : nos références, nos humeurs, nos émois sont bien souvent portés par des chansons dans lesquelles nous reconnaissons nos états d'âme. De ce fait, il n'est pas illégitime, à quelque chanteur que ce soit, de manifester son humeur, son sentiment. Est-il juste ou faux ? C'est à chacun de le dire et la chanson n'aura de succès que pour autant qu'elle rencontrera un public.
Plus grave serait la merchandisation de l'injure. Composer une chanson dans le seul but de faire une provocation, sans y prêter soi-même le moindre crédit, constituerait une malhonnêteté. Cela rejoindrait justement la méthode que l'on condamne : du sarkozisme pur jus.
Que Renaud serve une soupe médiocre pour faire du chiffre n'exonère pas Sarkozy du reproche de nous servir la sienne, qui n'est pas meilleure. Ils jouent dans la même cour.
Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 29 août 2006 at 23:02
Très intéressée par tout ce qui se dit ici du chanteur militant qu'est Renaud, je reviendrai assurément, tant je suis surprise et un peu écoeurée de ce qui s'y dit comme sonneries, comme sur d'autres dorums d'ailleurs, globalement.
Il vous sera certainement intéressant de posséder parmi vous le témoignage averti d'une fan non moins de Renaud que de la cause progressiste et humaniste en général.
(là, émoticône de tire-la-langue) !
Au revoir je reviendrai ! sauf la censure of course !
Rédigé par: Minekote | 30 août 2006 at 14:08
Merci pour ce billet. Renaud semble en panne d'inspiration, nous sommes loin du "Mistral gagnant" qui à l'époque nous avait enchanté mais pas très loin de "Madame Tatcher" qu'il avait taxé également de "facho".
Rédigé par: NPC | 30 août 2006 at 14:17
L'art de saisir ces petits riens, c'est du grand art ! J'en redemande. C'est le détail qui éclaire le tableau. Et qui fait réfléchir aussi.
Rédigé par: bulle | 31 août 2006 at 12:31
Des commentaires intelligents en réaction à ce post... ça me réconcilie avec l'être humain.
J'adhère à 100% avec tout ce qui a été dit dans l'article.
Je boycotterai désormais celui que j'aimais, Renaud, comme tous les extrémistes, de quelque côtés qu'ils soient. Que tous nos "people" se résignent une bonne fois pour toutes à leurs rôles de trublions, d'amuseurs publics... et qu'ils arrêtent de vouloir nous bourrer le crâne.
Rédigé par: ahmed | 31 août 2006 at 14:08
"toujours le même problème en France: vouloir faire de la politique sans être compétent!!! (et là je fais référence à de nombreux artistes qui se veulent porteur d'un message...)"
dac aussi !
mon malheur :je veux faire de la politique( en me plaçant au-dessus des partis ) je suis plus que compétent mais pas artiste :-(
Rédigé par: cactus salue Marie | 31 août 2006 at 17:49
Ce vocabulaire de Renaud ne m'inquiète pas. On peut l'écouter comme le mot "racaille", utilisé il y a peu.
Ce qui me fait plus peur c'est l'explication que donne François Bayrou sur la main mise des grands groupes (construction, armement, énergie) sur la Presse et cette façon de vouloir nous dire qui est le meilleur pour gouverner la France.
On pourra objecter que Bayrou n'est pas assez écouté (diffusé) par cette presse et qu'il râle, simplement !
Mais le fascisme ne se faufile-t-il pas de cette manière dans une démocratie?
Nous avons l'exemple de la grande sœur USA avec son Information amie du président Bush et des grands groupes qui tiennent le monde.. Les droits sont ils mieux défendus au USA qu’en France ?
Monsieur Sarkosy n’est pas un facho, mais un grand admirateur des USA.
Rédigé par: François Descamps | 31 août 2006 at 19:12
Bonjour tout d'abord
Scandalisé par cet article je ne peux que crier ma colère. Non Sarko n'est pas victime du trop de haine que lui confere certains médias ou artistes, il est victime de lui meme, parce que oui, Sarko est un facho, et non ce n'est pas exageré que d'employer de tels termes. De plus oser parler de Renaud comme un démago ce n'est vraiment pas savoir qui il est vraiment, mais il est tellement plus facile de lui jetter la pierre...
De plus l'article ose parler de liberté d'expression?! Et pourquoi aucun commentaire allant à l'encontre de ce récit n'est visible sur cette page ? Ils ont été bannis, comme le sera surement le mien, mais je prend le risque. Cela dit je veux bien croire que les personnes qui rêvent de voir toutes ces "racailles" (on parle bien de personnes là??) karcherisées comme de vulgaires saletés, s'offenseraient de mes mots. Donc oui, je le pense comme beaucoup, alors maintenant crions le, et chantons le d'ailleurs : Sarko Facho, Merci Renaud !
PS: Donnez aussi vos commentaires sur d'autre sites, il faut faire tomber la loi du silence !
Rédigé par: BES07 | 31 août 2006 at 20:04
le parallèle "facho-coco" mettant des terminologies d'une même époque en jeu ne me trouble pas et peu importe que l'un ou l'autre le soit ou non.
Mais il n'y a pas d'équilibre dans Renaud soûlo et Sarko ?????? - vous auriez pu trouver avec votre talent une rime personnelle le concernant ! et le discréditant - parce qu'un soûlo c'est plutôt discriminant surtout s'il en est sorti même temporairement.
Rédigé par: La Vieille | 05 septembre 2006 at 14:25
Merci Renaud pour ces paroles qui ont un goût amer pour tous ceux à qui cela renvoie à la dure réalité de leur conviction politique difficilement assumable en public. ça fait du bien de voir un chanteur engagé qui propose un texte qui a un sens, mais c'est vrai que cela peut choquer le bon vieux Français bien formaté TF1 et star 'ac.
Rédigé par: Benoit | 05 septembre 2006 at 21:51