Ma Photo

Dans les médias

Diffusion

  • Wikio
    Wikio - Top des blogs

Mentions légales

  • Directeur de la publication: Philippe Bilger
    SixApart sa 104 avenue du Président Kennedy 75116 PARIS
Blog powered by TypePad

« Bobigny à Paris ! | Accueil | Justice en transe ? »

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c86dd53ef00d834ec7e8669e2

Voici les sites qui parlent de Le risque, la paille et la poutre :

Commentaires

Julien

M. Bilger m'a fait remarquer que traiter de "saloperie" l'article de M.Redeker sans justifier ce jugement allait à l'encontre de l'exigence de qualité dont je parlais. Mea culpa.

J'ai trouvé cet article mauvais pour plusieurs raisons. D'abord, il laisse transparaître l'ignorance de M. Redeker quant à l'objet de sa critique. "Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran" nous dit l'auteur. Or si vous ouvrez le Coran, vous ne trouverez pas grand-chose sur Mahomet. C'est la "Sunna" qu'il faut consulter pour connaître l'histoire de ce personnage. Il y apparaît certes parfois comme extraordinairement violent, notamment lors de l'époque médinoise; mais on ne peut pas arrêter là son portrait. Le prophète de l'islam est aussi présenté dans la Sunna comme un grand homme de foi, sensible et humain.
Ensuite, cet article pue la peur et la paranoïa. "Les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein". Quelle rhétorique! On se croirait dans un livre de Philip K. Dick. A lire Redeker, il y aurait un grande organisation internationale djihadiste qui voudrait faire plier l'Europe à ses diktats. Or il n'y a que quelques illuminés qui veulent faire disparaître l'Occident, et ces gens-là se trouvent dans leur majorité au Moyen-Orient.
Plus que sur la raison, cet article fonctionne sur l'affect, comme l'atteste son ton haineux, qui contraste fortement avec ce qu'on est en droit d'attendre d'un homme de culture. "Une foule hystérisée flirtant avec la barbarie": voici la description à peine malveillante que M. Redeker donne du pèlerinage à la Mecque. Il semble oublier que la ferveur religieuse offre parfois des scènes de violences ailleurs qu'en terre d'islam : les crucifiés dans les Philippines, par exemple.

Ceci dit, que l'on puisse se trouver exposé à des représailles comme M. Redeker parce qu'on émet des opinions critiquables est bien sûr intolérable. J'ai trouvé son article détestable, mais ce qui lui arrive est infiniment plus détestable, étant bien précisé que les menaces viennent de loin, de quelques "fous de dieu" prêts à tout, et que les policiers qui l'entourent ne sont pas là pour le protéger d'une vindicte émanant de la population musulmane établie en Europe.

Rolland Barthélémy

C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu sur le net l'article de Robert Redeker, après avoir appris quelles réactions il avait suscitées.
S'il m'est permis de paraphraser Voltaire, voici ce que cet article m'a inspiré : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, Monsieur Redeker, mais je suis prêt à me battre pour que vous puissiez continuer à le dire. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je pense que l'Europe devrait inscrire dans son droit, non pas une transposition littérale, mais un équivalent conforme à nos propres traditions du premier amendement de la Constitution américaine; et je pense, à titre personnel, que le droit de s'exprimer doit inclure le droit à l'invective, le droit à l'erreur et le droit à l'excès, que certaines législations nationales trop bien intentionnées protègent insuffisamment (au fait, où est la pétition pour rappeler à la Commission Européenne que cette tâche devrait avoir pour elle la priorité sur bon nombre d'autres?). Cependant, Monsieur Redeker, vous ne verrez pas d'inconvénient, je pense, à ce que, tout en m'associant à tous ceux qui condamnent sans ambiguïté les auteurs de menaces contre vous, je vous fasse part du peu d'estime que vous m'inspirez, pour avoir rendu un aussi mauvais service à la cause que vous prétendez défendre?
Ainsi vous souhaitiez souligner que les activistes islamistes ne tolèrent même pas la critique la plus modérée de l'Islam: dans ce cas, écrire un texte que non seulement aucun musulman, non seulement aucune personne originaire d'un pays de culture musulmane, mais même aucune personne s'étant sérieusement intéressé à l'histoire de l'Islam ne pourra manquer de juger grossièrement partisan et stupidement injurieux envers le fondateur de cette religion, et ensuite prendre l'opinion à témoin que non seulement les esprits les plus échauffés réclament votre tête- résultat que, vous le savez aussi bien que quiconque, vous auriez pu obtenir en dix fois moins de mots- mais que la majorité des musulmans répugne à sembler apporter son soutien à un texte rendu sciemment inacceptable même par les plus oecuméniques d'entre eux, quelle forte démonstration!
Et comme vous êtes bien fondé à stigmatiser l'embarras de la réaction de l'Education Nationale, après avoir rendu publique, tout en vous réclamant de votre appartenance à celle-ci, une profession de foi ausssi radicalement incompatible avec l'idée de laïcité!
Si votre but -je ne suppose pas que ce soit le cas- avait plutôt été de fournir, par l'argument du trouble à l'ordre public que vous ne pouviez pas douter de provoquer en réaction à votre article, des armes aux rédacteurs du projet de loi récemment déposé contre le blasphème, on aurait pu dire que c'était bien joué.
Mais si vraiment c'est de la liberté d'expression que vous vous souciez, elle vous remercie, Monsieur, mais elle se passe fort bien de défenseurs tels que vous.
J'espère que la police et la justice de notre pays feront preuve de l'efficacité qui convient pour mettre les auteurs des menaces de mort qui vous visent face à leurs responsabilités pénales, tout en souhaitant qu'aucun excès de zèle de ces deux institutions ne vous fasse courir le risque que vous soyez privé du bénéfice de la classique culpédothérapie dont à mon humble avis votre cas relève, et dont, j'en suis sûr, tout sincère partisan de la liberté d'expression et de la laïcité est prêt à vous apporter le réconfort".

Marcel Patoulatchi

Jean-Dominique, vous dites que « le monde musulman ne met pas nos libertés en péril : la liberté des musulmans est la première qui soit sacrifiée sur l'autel de la religion, les victimes de l'intégrisme musulman sont les musulmans eux-mêmes. Un récent sondage nous montre que [...] »

Les sondages récents nous promettaient un second tour Chirac / Jospin. Les sondages récents n'engagent que ceux qui y croient.

Le fait est qu'en l'état actuel des choses, le monde musulman met nos libertés en péril. Avez-vous vu Dalil Boubakeur, par exemple, accourir à la défense de la liberté d'expression ? Avez-vous vu le monde musulman en Europe défendre la liberté d'expression des Danois, ou avez-vous vu des manifestations où des individus scandaient des « après le 9/11, c'est le tour de l'Europe » ? Avez-vous vu notre propre société imposer la liberté d'expression comme droit inaliénable, ou avez-vous vu la chaîne de magasin Carrefour revendiquer, dans les pays musulmans, dans ses magasins le fait de boycotter les produits danois ?

Vous dites que les musulmans sont les premières victimes des intégristes. Il serait bon que l'absence de consentement de leur part se manifeste.

Lorsque le Front National dans les années 1990 louait le Palais des Congrès à Strasbourg, Catherine Trautmann, alors maire, ne lui refusait pas la liberté d'expression. Non, elle organisait une manifestation. Elle respectait le droit de quelqu'un dont elle ne partageait pas les idées, elle respectait le sens de son mandat de maire en ne l'abusant pas, elle prenait position en tant que citoyenne, pour ne pas rester les bras croisés devant ce parti ni pratiquer de terrorisme intellectuel.

Tant que le monde musulman ne clarifiera pas son rapport avec ses dangers, on sera contraint de suspecter le danger partout. C'est dommage mais il n'existe aucun moyen objectif (certainement pas un sondage) pour faire le tri, pour savoir qui soutien quoi et comment.

Vous dites aussi « L'Islam n'est ni plus ni moins violent que le judaïsme ou le christianisme : il est de même nature ». Pour ma part, j'observe que : le Dieu de l'Ancien Testament, le dieu juif donc, est un dieu vengeur prêt à exterminer tous les enfants d'Egypte ; Jésus-Christ, a contrario, est un non-violent patenté, refusant de prendre les armes face aux Romains, au dépit de nombreux juifs qui espéraient voir là la venue d'un nouveau chef de guerre, un nouveau messie, ne se contentant pas de la bonne parole mais d'actes face aux Romains tel Moïse face aux Égyptiens (d'où le choix de Barrabas : non pas parce qu'il était sympa, mais par la haine que suscitait la déception de ce messie pacifiste). Je constate qu'il a fallu longtemps avant que des chrétiens puisse faire de bons soldats, prennent des armes (sans doute l'idéal de non-violence était-il intenable à long terme ; à force de tendre l'autre joue, on risque de disparaître). Je constate que Mahomet de son côté n'eut aucun mal à prendre les armes et à ne pas laisser à César ce qui lui appartient, c'est à dire à d'emblée revendiquer un pouvoir temporel et non simplement spirituel - il fit ce que nous avons précisement rejeté en développant le concept de laïcité. Je constate que la vision du paradis qu'il propose repose sur le charnel que le christianisme dénigra en bloc, promettant moultes vierges pour ceux tombant les armes à la main. On peut certes comparer l'idéologie de l'Islam à certaines formes du christianisme, à son évolution sur les questions militaires au fil du siècle - après tout, se croiser, n'était-ce pas la garantie d'un avenir céleste ? On ne se surprend guère que l'Islam, néanmoins, rejeta le christianisme, prenant la concept de la trinité pour preuve de corruption.

Si l'on retire au judaïsme le droit de régir la vie de tous, si on le cantonne à la sphère privée, il reste la religion des juifs - du moins des juifs qui ne sont pas athées.
Si l'on retire au christianisme le droit de régir la vie de tous, si on le cantonne à la sphère privée, il reste l'image du christ non-violent doué du talent de pardonner.
Que reste t-il de l'Islam si on impose au musulman d'être plus « soumis » dans la sphère publique à autrui qu'à dieu ?

Toutes les religions appellent à l'orthodoxie. Toutes, sans doute, fonderaient des théocraties, si elles le pouvaient.
Mais il serait trop simple de croire que toutes puissent avoir le même rapport à la laïcité.

Ca n'est pas chic à dire, j'en conviens, ça bafoue l'égalitarisme absolu, mais le monde musulman sur ce point doit encore se déterminer. Le flou a un arrière-goût de statu quo trop important pour qu'il ne paraisse pas menaçant.

Jean-Dominique Reffait

Non, Marcel, non ! Certes, ce n'est pas le sujet que développe Philippe dans sa note, mais enfin, je ne laisse pas passer des interprétations fausses.

J'ai écrit que le christianisme n'avait pas besoin de se référer à une queconque violence dans la mesure où il s'est développé sur un terreau monothéiste. Ce qui rend le judaïsme et l'islam très proche, ce sont les conditions de leur naissance : tous deux sont nés dans un environnement païen et avaient donc besoin d'imposer le dieu unique, contrainte qui ne s'est pas imposée au Jésus de Palestine déjà monothéiste. Mais, dès l'instant où les chrétiens se sont retrouvés en force confrontés au paganisme, la violence a aussitôt commencé. La violence est consubstantielle au monothéisme.

Mahomet théorise davantage le concept de communauté politico-religieuse, sous-jacent dans l'Ancien Testament et mis en pratique dans l'Empire romain avec Constantin. Il n'invente rien, ni la guerre de conquête, ni l'exclusion des autres, ni les règles morales, mais, arrivant 6 siècles après dans une société familiarisée à l'écrit, il le couche noir sur blanc. La violence de ses conquêtes correspond à l'esprit du temps. Se souvenir de la brutalité effrayante des croisades ou de la reconquista espagnole. A l'époque, partout on égorgeait sans discuter.

Aujourd'hui les musulmans vivent dans une double terreur : terreur intellectuelle d'un entourage jamais sûr (voir la tyrannie religieuse exercée par de jeunes hommes sur leur famille) et terreur métaphysique (s'opposer à l'intégriste, n'est-ce pas offenser dieu?). Nous sommes donc dans une situation totalement comparable à celle que vivaient les florentins avec Savonarole, les genevois avec Calvin ou encore les espagnols avec Torquemada et l'inquisition. Eh oui, l'islam a un décalage de 600 ans et vit son moyen-âge, c'est pas facile pour eux.
Un peu partout émergent des groupes de musulmans laïcs (www.manifeste.org) et qu'il faut soutenir.
La solution viendra du monde musulman et du soutien effectif que nous pourrons apporter aux éléments les plus progressistes de cette communauté. Par la force des choses, le moyen-âge musulman durera moins longtemps que le nôtre.

En conclusion, je recommande la lecture savante mais réjouissante du livre d'Israel Finkelstein "La Bible dévoilée", où l'archéologie nous démontre que Yahvé était, à l'origine, une sorte de Zeus juif, avec une femme, Eshera, et avec une multitude d'autres divinités associés. La foutaise de la révélation explose en vol.

asteroid257

Pour Bulle, vous écrivez:
"Comment peut-il affirmer tant d'inexactitudes sur l'islam en les mêlant à d'exacts comportements islamistes ?"

Sans qu'il soit besoin d'examiner le bien-fondé de ce que Monsieur Redeker a écrit je pense qu'on peut tous être d'accord pour considérer que les menaces dont il fait l'objet ne pourront jamais être justifiées.

Peut-être se trompe-t-il, peut-être a-t-il blessé des Musulmans à travers cet article.

Mais dans ce cas, pourquoi ne pas lui répondre avec les même moyens que ceux qu'il a employés ?

Pourquoi d'autres intellectuels musulmans ou pas ne lui répondent-ils pas à travers d'autres articles. Je suis sûr que le Figaro serait tout disposé à publier cette réponse.

Comment peut-on justifier de telles menaces ?

Pourquoi ceux qui se sentent blessés ne lui intentent pas un procès pour obtenir réparation du préjudice subi ?

Bref, il y a tellement de moyens pour répondre, contredire ce qu'untel écrit qu'on n'imagine pas possible d'en arriver à de telles extrémités.

Le pire ? C'est que ceux qui profèrent ces menaces risquent de discréditer tous ceux qui, musulmans modérés (vrais musulmans pourrait-on dire ?), n'ont rien à voir avec ces fanatiques.

asteroid257

Ah j'oubliais ! Comme on dit chez nous :

Si la religion n'existait pas, il ne faudrait pas l'inventer.

NPC

Merci M.Bilger pour cet article. M. Redeker est actuellement lâché par son ministre de tutelle. Aujourd'hui la liberté d'opinion est bafouée dans notre pays ainsi que la liberté d'aller et venir d'un homme. Je trouve ça fort inquiétant. L'intervention du président du culte musulman me semble être une urgence.

sbriglia

http://www.gaucherepublicaine.org/

...on peut avoir une sensibilité de droite et se retrouver d'accord sur ce point avec la gauche républicaine et laïque...
Merci à Marcel P. et Jean-Dominique R.pour la très grande qualité de leur intervention: j'ai beaucoup appris et les en remercie... comme les autres intervenants, d'ailleurs !

Véronique Raffeneau pour Marcel

OUI, Marcel, des options religieuses ou culturelles différentes doivent pouvoir coexister pacifiquement au sein d’un même pays. Je ne suis pas très érudite sur l’islam mais faut-il le confondre avec l’ islamisme ? Évidemment, écrivant cela , je vous sens sourire, avec d’autres, de ma supposée naïveté " humanitaire ". Mais les mots sont aussi faits pour différencier et hiérarchiser les choses.
Sur la même page du Figaro du 19 septembre, il y a un texte d’A. Sfeir. IL est bon, me semble t-il de le lire également.

Maintenant , NON, je n’approuve pas une collectivité locale qui aménage des horaires dans les piscines exclusivement pour les femmes. Car vivre en France implique de respecter un principe de Laïcité, des valeurs républicaines et d’accepter, sans aucune condition, la liberté les femmes.

Pour revenir à l’article de M. Redeker, pourquoi a t-il écrit que l’interdiction du string à Paris-Plage est une " soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam " ? Il me semble que ce sont plus l‘air du temps et un certain puritanisme des esprits qui soient à l‘origine de cette interdiction.
Allez-vous à la mer, Marcel ? Depuis quelques années, de moins en moins de femmes enlèvent le haut et de plus en plus d’entre elles hésitent à le faire . Est-ce en raison " d'une soumission inconsciente aux diktats de l’islam et de l’islamisme ? " Ou n'est-ce pas plutôt les temps qui changent ?

Pour finir, je renouvelle mon soutien entier à Philippe et à R. Redeker qui a le droit absolu d‘écrire ce qu‘il pense.

cactus

en reparlant de vos écrits jamais vains monsieur Bilger ," ça sonnait comme une fable de ma fontaine ", dirai-je plus tard me remémorant les heures passer à vous élire en votre blog au log in si aisé !

Le risque, la paille et la poutre !
une belle fable si peu à fable mais quelle chute : pas d'immoralité mais une moralité !
"comment bien faire ses à Dieu ? "

je penche perso pour celle-ci :
point de risque de se prendre une poutre sur son chapeau de paille si intrépide !

vous connaissant , je suis certain que vous m'assignez tout de suite
:-)

Cactus qui se cygne juste avant que le les oiseaux de mauvais augure ne reviennent avec l'automne , porteur de tous les maux déjà inaugurés à l'-allez- au printemps dernier ( mais j'arrète car déjà il tonne : je sais , ce n'est pas un scoop )

bien à vous !

Marcel Patoulatchi

Jean-Dominique,

Les Romains étaient-ils païens (paganus, hum, un terme chrétien, guère mélioratif qui plus est), polythéistes, ou monothéistes ? La réponse me paraît évidente. Les premiers chrétiens étaient confrontés à un monde polythéiste. Même le judaïsme s'intégrait dans ce monde polythéiste, il était parfaitement tolérable aux polythéismes environnants, tout simplement parce qu'il ne s'adressait qu'au peuple juif, n'avait pas de vocation universaliste. Le christianisme, justement parce qu'il est universaliste, était incompatible avec les polythéismes, imposant de renier tous les autres dieux. Le christianisme à eu besoin d'imposer son dieu unique. Que ce soit sur le pourtour de la Mare Nostrum, en Grande Bretagne (qui est donc ce Saint-Patrick que l'on y fête ?), ou chez les teutons, que ce soit face à des religions poliades ou face à des croyances populaires dénigrées comme superstitions.

A contrario, jamais le peuple juif n'a imposé sa religion à d'autres peuples. Les juifs n'ont imposé le dieu unique qu'en leur sein. Cette violence là était interne.

Par ailleurs, quand vous dites que Mahomet « n'invente rien » et que « la violence de ses conquêtes correspond à l'esprit du temps », je vous invite, pour mieux définir l'air du temps passé, à vous pencher sur les écrits de Saint Augustin, notamment sur le concept du bellum justum. Si vous voulez creuser la question en vous intéressant à l'après, penchez vous sur la « trêve de Dieu » et la « paix de Dieu ». Les pères de l'Eglise et de nombreux théologiens ont trifouillé les écritures pour parvenir faire coexister la non-violence du Christ avec les besoins militaires du temps, c'est vrai. Mais le tout reste sous enrobage moral ; il n'était pas question de coucher sur le papier l'apologie de la guerre. A propos de la paix de Dieu, par exemple, il n'était pas à l'ordre du jour de revendiquer publiquement le fait de guerroyer pour des objectifs très temporels - au contraire, les pouvoirs temporels acquis par certains hommes d'Eglises étaient hypocritement niés. Quant aux Hospitaliers et autres Chevaliers Teutoniques, leur voeu de chasteté se serait mal accommodé avec le promesse d'un paradis sous forme de lupanar.

Je conçois que ça puisse être irritant mais toutes les religions ne sont pas pareilles, n'ont pas la même histoire, n'ont pas les mêmes discours. Si le monde musulman à des contours de monde médiéval chrétien, le monde musulman en l'an 2006 ne connaît en rien les problématiques médiévales, tout comme nous avons en France une vision du monde médiéval du plus négatif souvent absurde (en dépit de l'apport d'historiens comme Jacques Le Goff)

Ceci étant précisé, il n'est guère utile que les esprits d'échauffent : nous sommes tous céans d'accord sur l'essentiel, c'est l'essentiel.

Vous avez raison, il faut soutenir les musulmans progressistes. Mais nous savons tous qu'on n'aide pas en fournissant une cargaison de poisson à celui qui ne manifeste aucune envie d'apprendre à pêcher.
Je persiste, on peut aider le monde musulman, mais il faut d'abord qu'il nous dise en avoir envie, de notre aide et de nos valeurs.


Veronique,

La question du rapport entre Islam et islamisme est assurément délicat. Je pense que c'est donner dans un ethnocentrisme peu capable de nous éclairer sur le monde que de faire une équation entre l'Islam et le Christianisme.

A ce sujet, je vous invite à lire Jean Flori, Guerre sainte, jihad, croisade. Violence et religion dans le christianisme et l'islam, Paris, Seuil, 2002.
Ca se lit très bien, je pense que ça peut être intéressant même pour des gens qui ne sont pas versés dans les sujets d'histoire (car je dois préciser qu'il s'agit d'un ouvrage d'histoire, scientifique, pas d'un roman ou d'un essai). Ca donne en tout cas quelques clefs de compréhension des divergences entre religions.

Quoi qu'il en soit, je suis d'avis que ce n'est pas aux athées ou aux chrétiens de résoudre la question du rapport entre Islam et islamisme. Je pense que c'est aux musulmans de trancher. On ne peut pas s'imposer à une religion venant de l'extérieur. C'est aux membres de l'ekklesia, de la sunna devrais-je dire, de statuer.

Sinon, l'été dernier je suis en effet allé à la plage. Je n'ai pas fait attention au sujet des attributs mammaires éparpillés sur le sable fin. Je ne sais pas si c'est un puritanisme des esprits qui est à l'oeuvre, quoi qu'il en soit moi ça ne me déplait pas de pouvoir regarder vers nulle part sans prendre le risque de fixer sans m'en rendre compte une demoiselle semi-dénudée (très inconvenant). En plus je trouve l'étalage anti-érotique, sabotant les joies de la découverte. Mais là nous nous éloignons du thème de la religion, car en fait de mystères il n'est plus question de ceux d'Eleusis ici.

Que l'interdiction du string soit un diktat religieux, je n'en sais rien, je ne trouve pas la suggestion ininitéressante, même si je n'oserais pas à en faire une affirmation.

Jean-Dominique Reffait

Loin de moi l'idée de vouloir avoir le dernier mot dans un débat crucial où il apparaît évident que ce n'est pas notre génération qui verra la solution du problème.

Marcel, vous serez d'accord avec moi que la Paix de Dieu ne concernait que les chrétiens entre eux : au passage du premier millénaire, les guerres privées en Europe ravageaient les campagnes. La Paix de Dieu, en instaurant un nombre de jours croissants où il était interdit de se battre, tendait à éradiquer la guerre entre chrétiens. La solution miraculeuse fut trouvée avec la Croisade : éloigner les guerriers en leur donnant des territoires à conquérir sous le couvert de la défense des Lieux saints (qui ne furent pourtant jamais mis en danger par les arabes, qui respectèrent dès la conquête de Jérusalem, tous les lieux chrétiens et la libre circulation des pèlerins.). La prise de Jérusalem par les croisés fut un massacre épouvantable, massacre de musulmans, mais aussi des chrétiens indigènes soupçonnés d'être partisans des arabes. L'appel à la croisade, théorisé, écrite noir sur blanc, est en tout point semblable à la conquête arabe : la libération des lieux saints ne fut qu'un prétexte pour s'emparer de terres parfois mêmes chrétiennes (mais byzantines et non papistes). C'était archi-temporel ! Rappelons quand même le souvenir calamiteux qu'ont laissé les Chevaliers de Malte à Malte, les chevaliers teutoniques en Pologne : ces saints hommes avaient une conception très musclée de la Paix de Dieu !
La Paix de Dieu, qui préserve le chrétien d'être tué par un autre chrétien, trouve son répondant dans les instructions de Mahomet, reprises récemment par Al Quaida : un musulman ne doit pas faire couler le sang musulman.
Certes l'époque est différente, et c'est pourquoi je pense que le fanatisme musulman durera moins longtemps que le fanatisme chrétien. Mais le moyen-âge des esprits fait fi des avancées technologiques : l'homo sapiens évolue bien moins vite qu'une puce électronique.

Je ne vois pas bien ce qui dérange dans l'idée que l'Islam ne serait pas différent par nature du Christianisme et que seule une question de timing les sépare. Que le christianisme ait été, après bien des crimes dont l'Islam n'atteindra, je l'espère, jamais le nombre, enfin réduit à la raison nous montre, par l'exemple du passé, le chemin de la solution à venir. Il ne s'agit pas d'imposer "nos valeurs" (aïe, Marcel, vieux fond colonial) mais de partager des valeurs que toutes les sociétés civilisées ont en commun, sans que l'une puisse s'en prévaloir plus que l'autre. L'intégrisme musulman sera vaincu par la raison, par la prospérité et, en cela, je partage assez l'avis de Condoleeza Rice lors de son étonnant discours à Sciences Po.

Nota (et je m'arrêterai là, promis) : Etudiant en histoire, j'étais très partisan de la réhabilitation du Moyen-Age. Les études comparées progressant, non, décidément, ce millénaire a un bilan globalement négatif dont nous payons encore les dettes intellectuelles et morales. Enfin, la violence juive, modèle théorique des violences chrétiennes et musulmanes (C'est dieu qui arme le bras des hébreux) ne serait qu'imaginaire selon les archéologues ! La fuite d'Egypte n'a pas eu lieu, la conquête de Canaan n'a pas eu lieu et les murailles de Jéricho ne sont jamais tombées car il n'y avait pas de murailles à Jéricho à l'époque ! Ce récit épique fut imaginé beaucoup plus tard pour exalter le sentiment du petit peuple juif qui rêvait de gloire et d'indépendance sans en avoir les moyens face aux appétits égyptiens, assyriens et perses...

Un grand merci à Philippe d'initier de tels débats !

Véronique Raffeneau pour Philippe

Philippe, j’ai lu, qu’enfin, des intellectuels et des politiques condamnent l’intolérable fait à R. Redeker. Le mot " honneur " qui est dans le titre de votre livre, c’est vrai qu’il peut apparaître désuet. Exprimant, dès vendredi, dans votre blog votre indignation face à telles menaces et votre colère contre le si peu de soutien apporté à ce professeur, c'est l’honneur et l'idée qu'on se fait d'une démocratie que vous avez défendus.
Finalement, grâce à vous, le mot " honneur " risque de devenir terriblement moderne et d’avant-garde. Et vous, vous allez finir par apparaître comme un symbole de la modernité. Qui l'eût cru ?

mike

J'ai lu dans un des commentaires de qualité que la"révélation" avait explosé en vol.
Relisons simplement le "sermon sur la montagne"
Je ne sache pas que Mohammad l'ait prononcé;
Dommage!

Eric Nicolier

Très belle prise de position pour soutenir Robert Redeker ! Il n'y en a pas tant que cela... Au passage je trouve les politiques assez absents sur ce sujet.

Pour l'info de chacun, il faut lire cette lettre de Redeker envoyée à André Glucksman. Elle se passe de commentaires et ajoute à cette dimension politique celle d’un drame humain inacceptable dans notre démocratie :


«Cher André,

Je suis maintenant dans une situation personnelle catastrophique. De nombreuses menaces de mort très précises m’ont été adressées, et j’ai été condamné à mort par des organisations de la mouvance al-qaïda. L’UCLAT (Unité de coordination de la lutte antiterroriste) et la DST s’en occupent, mais...je n’ai plus le droit de loger chez moi (sur les sites me condamnant à mort il y a un plan indiquant comment venir à ma maison pour me tuer, il y a ma photo, celle des lieux où je travaille, des numéros de téléphone, et l’acte de condamnation).

Mais en même temps on ne me fournit pas d’endroit, je suis obligé de quémander, deux soirs ici, deux soirs là...

Je suis sous protection policière permanente. Je dois annuler toutes les conférences prévues. Et les autorités m’obligent à déménager. Je suis un SDF. Il en suit une situation financière démente, tous les frais sont à ma charge, y compris ceux éventuels d’un loyer d’un mois ou deux éloigné d’ici, de deux déménagements, de frais de notaire, etc...C’est bien triste.

J’ai exercé un droit constitutionnel, et j’en suis puni, sur le territoire même de la République. Cette affaire est aussi une attaque contre la souveraineté nationale: des lois étrangères, décidées par des fanatiques criminophiles, me punissent d’avoir exercé un droit constitutionnel français, et j’en subis, en France même, grand dommage.

Amitiés»

Marcel Patoulatchi

Jean-Dominique,

Je dois reconnaître que mon cursus universitaire en histoire n'est pas innocent dans la vision que j'ai de l'époque médiévale (bien que pourtant j'étais plus habile et à l'aise en histoire grecque, moderne et contemporaine). Il est certain que découvrir l'origine de la minuscule caroline, que nous utilisions quotidiennement, par exemple, surprend, lorsqu'on arrive avec l'idée toute faite d'une époque médiévale de vide culturel (et si on creuse la question, on découvre par exemple que la Renaissance n'est pas apparue ex-nihilo, que le tant décrié latin de messe n'était pas forcément si maladroit mais le fruit d'une nécessaire adaptation à l'évolution du temps, etc - un millénaire de diversité, de haut, de bas et de moyen).

Vous avez mille-fois raison dans ce que vous rappelez judicieusement sur les croisades. En tout cas à propos des premières croisades (après les premières, l'accès à Jérusalem n'était réellement plus possible).

Vous avez raison de présenter la croisade comme une formalisation chrétienne de l'idée de guerre sainte.

Néanmoins, on ne peut faire abstraction du fait que les écrits des pères et autres penseurs de l'Eglise étaient loin de poser en théorie et modèle la réalité. Non, la théorie chrétienne restait la violence organisée (la SDN et l'ONU avant l'heure ?), selon des critères très subtils loin de la réalité en de nombreuses occasions (voir à ce sujet la question de la tripartition des ordres d'Adalbéron de Laon ; une belle théorie, rien qu'une théorie). La croisade n'était pas affirmée et présentée pour ce qu'elle était. Cette forme d'hypocrisie n'est pas sans conséquence sur l'histoire du christianisme : on peut après coup critiquer cette hypocrisie, certes, mais on doit admettre que les écrits qui restent ne font pas l'apologie de la violence. Et précisement, comme vous le signalez, qu'ils proposent une pacification des rapports entre chrétiens.

D'autre part, et ce point me semble essentiel, on ne peut oublier que les violences dans le Christianisme pourront toujours être considérées comme une perversion de cette religion basée sur la non-violence du Christ, sur un Christ dévoué aux hommes refusant le pouvoir temporel. On ne peut le faire dans le cas de l'Islam, puisque cette religion est fondée sur l'apport de Mahomet qui était tout sauf non-violent et qui jouissait d'un pouvoir temporel. Pire, le Christianisme repose sur les Evangiles : ils sont plusieurs, on admet que différents apôtres aient une vision substansiellement différente de la même histoire. A contrario, l'Islam repose sur une seule source : Mahomet (que ce soit par le Coran ou par les Hadith), qui aurait connu des « révélations », qui serait le porte-voix de Dieu. Non pas le fils de Dieu fait chair, non pas le Verbe incarné en homme vivant et souffrant en homme : non, le porte-parole révélant lorsqu'il s'exprime la volonté divine. On voit mal ce Mahomet-là accepter sa crucifixion par les hommes, vivre la passion, et dire « père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ».

En ce sens, il me paraît difficile d'adhérer à « l'idée que l'Islam ne serait pas différent par nature du Christianisme et que seule une question de timing les sépare ». Je veux bien croire, et je serais le premier à m'en féliciter, que l'Islam puisse s'associer à nos valeurs, à notre esprit de laïcité imposant de cantonner le religieux à la sphère privée, au stade du choix individuel. Mais c'est aux musulmans de nous dire ce qu'il en est, c'est à eux de prendre position sur ce point. On ne peut pas parler en leur nom.

Sinon, je dois dire que je ne pense pas qu'une comptabilité mortuaire puisse nous éclairer. A l'heure actuelle, personnellement, je n'oserais imaginer quelle religion à fait le plus de mort (vu les événements récents, il faudrait incrémenter le compteur quotidiennement, semblerait-il). Mais je n'aime pas ce genre de calcul car l'essentiel n'est pas dans le passé à prendre comme fait définitif. On ne peut pas tirer de conclusion au partir d'un simple nombre. Ce qui compte, c'est de savoir où on va, ce qui, bien sur, nécessite de tenir compte de ce qu'on a été et ce qu'on revendique de ce qu'on a été. Mais pas de se résoudre à ce qu'on a été.
De manière imagée, par rapport au nazisme et au bolchévisme, la question n'est pas tant de savoir combien de morts ils ont causés mais de savoir qu'ils en causeraient encore si c'était en leur pouvoir, car les conditions criminogènes ne sont pas éradiquées - elles semblent intrinsèques à ces idéologies (c'est pour cela, par exemple qu'il est vain de parler des faits précis du génocide nazi avec des négationnistes ; il suffit de leur mettre le nez dans les textes fondateurs du nazisme et leur demander leur avis sur la prophétie d'éradication des juifs d'Europe, présente dans de nombreux discours que nul ne prétend apocryphes ; on gagne du temps).

LEFEBVRE

Un homme est condamné à mort,contraint à la clandestinité. La conséquence prend nettement le pas sur la cause. Le droit à la vie physique comme morale d'après nos valeurs commune est la prorité. La fatwa est une décision juridique et religieuse, le terme juridique est important car en se prononçant sur notre sol, cette Fatwa est par ce fait hors la loi. L'assassinat, sa mise en place, son incitation... sont réprimés. Il est donc nécessaire qu'une plainte soit déposée contre son auteur. Ce test d'une Fatwa de cette gravité sur le sol français ne doit pas avoir un résultat positif qui ne ferait que laisser à la charia le droit de s'installer. Les responsables politiques et judiciaires ont donc un véritable combat à mener pour que le Droit en l'état puisse avoir une légitimité conservée. Aujourd'hui pour Robert Redeker, demain pour l'essence même de notre République.

LEFEBVRE

Puisque l'Islam est toujours pris avec des pincettes et que sa critique est associée aux autres religion pour l'atténuer. Permettons nous aussi la petite gymnastique de la comparaison et jugeons donc alors la réalité du dictat "bien-pensant" actuel. Les écrits de Redeker comparés à ce qu'il nous est rapporté de Diogène, de Voltaire, de Beaumarchais, de Céline, de Nietzsche. Que de nos valeurs sont interdites par le saint Coran et les Hadiths, que nos librairies devraient être vides, que notre charcuterie est Haram,que notre athéisme est "pire qu'un crime, que notre libre arbitre est contraire à la pensée du prophète... En condamnant Redeker de façon aussi inhumaine, on me condamne aussi à mort, je suis comme lui "mécréant", contre les dogmes, critique, partisan de la vérité, provocateur parfois. Des millions d'autres habitants de ce pays nous ressemblent et nous avons le droit de vivre et penser comme bon nous semble. C'est ce qu'il y avait de véritablement merveilleux ces dernières années. Pensons aussi, en pensant à l'abomination que vit Robert Redeker, à tous les arabes et Berbères d'Algérie qui ont fuit Le GIA et qui aprennent cette fatwa en même temps que nous. Que doivent ils penser de nos médias et de nos politiciens en voyant des réactions aussi tièdes ? Merci monsieur Bilger pour votre prise de position courageuse, juste et humaine qui ressemble à votre façon de travailler. Vous êtes un exemple de ce que j'apprécie chez un être humain, digne de ce nom.

Marcel Patoulatchi

Vous avez raté la pétition, monsieur Bilger :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-819066,0.html

Jean-Dominique Reffait

Instructions de Jésus à ses disciples : Matthieu

10.14 et 10.15
Lorsqu'on ne vous recevra pas et qu'on n'écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds.
Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là.

10.34 à 10.37
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée.
Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;
et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi;
____________________

Beau message de paix et de tolérance en vérité !

Marcel Patoulatchi

Jean-Dominique,

C'est une chose que de dire que seuls les croyants iront au paradis (ce que disent toutes les religions peu ou prou qui adhèrent au concept de jugement dernier), c'est autre chose que de dire que c'est aux hommes d'anticiper sur ce jugement dernier divin.

Quant au passage de l'épée, je crois qu'il est parfaitement erroné que d'y voir là un appel à prendre les armes... Ce propos est suivi notamment de « Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. ». C'est à replacer dans le cadre de la persécution des premiers chrétiens et c'est une invitation non à tuer mais à affirmer sa foi, avec la certitude que ceux qui auront eu la foi auront Jésus comme intercesseur le jour du jugement dernier. Là aussi, on ne peut détacher ce propos de la notion de jugement dernier (même si bien sûr, ce concept nous paraît étrange dans notre monde contemporain où l'eschatologie n'est plus vraiment très sacrée).

Ce passage se poursuit par « Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé. Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. Et quiconque donnera seulement un verre d`eau froide à l`un de ces petits parce qu`il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense ». Ceci est cohérent pour inciter les gens à la foi face aux persécutions. Cela reste finalement assez ouvert... même un verre d'eau compte.

L'éxègese n'est pas simple. Je trouve particulièrement abusif de trouver là dedans un appel à prendre les armes...

LEFEBVRE

Monsieur Reffait,
Que viennent faire Jésus et Mathieu dans ce scandale national qu'est la condamnation à mort de Robert Redeker ?
Pourquoi dès que l'Islam est invoqué, apparaît systématiquement cette comparaison avec l'ancien et le nouveau testament ? Les références aux croisades ? Et pas l'inverse ? Bien évidemment les deux autres grandes religions monothéistes sont critiquables, cela est souvent fait, sans représailles du moins de cette envergure. De quoi parlons-nous, d'un homme athée dont la vie est en suspens parce qu'il donne une opinion sur une religion dans un journal. Seriez-vous en train de justifier cette abomination à grand renfort d'arguments historiques, théologiques. Redeker mérite-il cette barbarie pour Godefroy de Bouillon ? Nous parlons d'actualité, trouvez-moi un catholique aujourd'hui ayant envie d'aller faire les croisades à Jérusalem, un Français partisan de l'esclavagisme ou d'une nouvelle colonisation. En tout cas, sûrement pas le philosophe Redeker. Je vous comprends, j'ai moi-même cette hantise de passer pour un raciste. Hantise qui me pousserait presque à ne plus être juste et à prendre la défense systématique de l'autre. Une race et une religion sont deux aspects bien distincts et ne faisons pas la dramatique erreur de défendre l'oppresseur en l'occurence l'auteur de la Fatwa qui vit au Qatar et qui est président en Irlande du comité européen de la fatwa (vous avez bien lu.)

Jean-Dominique Reffait

A Lefebvre :

Jamais, jamais, jamais , je n'irai prendre la défense de fanatiques religieux, jamais ! Je pense que nous sommes tous d'accord ici, nous n'allons pas non plus nous en féliciter éternellement. Le Coran est un tissu d'âneries et d'appel au sang, d'accord ! Mais le texte de Redeker, qu'il a parfaitement le droit d'écrire, est erroné dans sa comparaison hors de tout contexte historique avec le judaïsme et le christianisme. Le Coran n'est pas sorti d'un chapeau, il s'inscrit dans un héritage : lorsque Mahomet dicte le Coran, ce n'est pas l'exemple de Jésus qu'il a sous le nez mais celui d'un christianisme devenu depuis déjà 3 siècles meurtrier ! Tel est le contexte. Mahomet ne se réfère pas à une pratique monothéiste ancienne mais à celle de son temps.
Je n'ai aucune crainte de l'accusation de racisme, ma vie privée témoigne pour moi, je ne cherche pas à exonérer les musulmans de leur responsabilité. Je mets tout le bazar abrahamique dans le même sac, c'est différent. Je n'ai pas une détestation sélective mais successive de tout cet ensemble d'obscurantisme.

Je dis aussi qu'il faut bien faire la différence entre les textes, les fanatiques et la masse écrasante des musulmans qui souffrent au premier chef de cela.
Je dis aussi que Redeker aurait pu ne pas oublier les innombrables textes musulmans d'une grande douceur, dans la tradition soufie par exemple, les écrits d'Avicenne, d'Averroès, d'Ibn Arabi.Il aurait pu dire, qu'avant les Croisades, qui furent une catastrophe mondiale dont nous payons encore le prix (les islamistes s'y réfèrent en permanence), les royaumes musulmans ont été les seuls endroits au monde où juifs et chrétiens, à côté des musulmans, vivaient avec tous leurs droits, y compris civiques (il y eut de nombreux vizirs juifs ou chrétiens dans le Califat de Cordoue).

C'est le principe de notre hôte : avant de juger, comprendre, et avant de comprendre, apprendre. Les omissions de Redeker ne sont pas anodines, car elle entretiennent l'ignorance. Ce qui n'empêche que je suis de tout coeur avec lui dans l'épreuve qu'il traverse.

A Marcel : Philippe m'a dit, qu'avec ce bout de Matthieu, j'avais trouvé l'arbre mais qu'il ne cache pas la forêt. J'en conviens, c'était un petit poil de mauvaise foi de ma part !

cactus sur M. Patoulatchi

"Que l'interdiction du string soit un diktat religieux, je n'en sais rien, je ne trouve pas la suggestion ininitéressante"

cette phrase pour me faire sortir de mon trou cad de ma retraite,hé puisque sujet mâle traité là ?

si string astreignant cad qui tient sans cesse préoccupé OUI si astringent NON , du moins chez l'homme !

Alx

M. Bilger,
vous défendez ici la liberté d'expression et je nous sommes nombreux à vous en savoir gré. C'est pourquoi je me permets de vous demander, à vous qui êtes, d'après vos billets ici, favorable à une vaste liberté d'expression, plutôt partisan de N. Sarkozy et donc sans doute du gouvernement actuel auquel il appartient et, en tant qu'avocat général, soumis (du moins je l'imagine) à un certain devoir de réserve, ce que vous inspire la fermeture soudaine du blog d'un inspecteur du travail, blog anonyme où l'auteur (pseudonyme bereno) faisait part de son quotidien de fonctionnaire. Il semblerait que ce blog ait été fermé par ordre de sa hiérarchie, ci-joint un lien qui expose je pense assez factuellement l'histoire : http://mamilitance.blog.lemonde.fr/mamilitance/2006/10/un_blog_censur_.html
J'ignore où l'auteur puise ses renseignements ni si ils sont exacts, mais j'ai pu observer moi-même qu'aucun message d'adieu n'a été posté avant la fermeture du blog, ce qui paraît un bon indice de fermeture non volontaire. Je consultais très régulièrement avec plaisir et profit ce blog instructif où je n'ai jamais rien décelé qui me semble préjudiciable à la dignité de la fonction d'inspecteur du travail, bien au contraire, ni aux entreprises inspectées, n'ayant jamais eu aucun moyen d'en identifier aucune. Il est vrai qu'une entreprise s'était reconnue en mai et avait signalé le fait à la presse locale, ce qui avait suscité une interruption du blog, néanmoins ce problème semblait réglé depuis.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.