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Il est revenu !

Depuis plusieurs jours, je me demandais si les parents d'Anne-Lorraine Schmitt seraient reçus à l'Elysée par le président de la République. Interrogation qui me semblait d'autant plus pertinente qu'il y avait déjà  accueilli, le 28 novembre, en présence de deux avocats, les parents des deux mineurs décédés à la suite de l'accident de Villiers-le-Bel.

Anne-Lorraine Schmitt est cette jeune fille âgée de 23 ans poignardée dans le RER, un dimanche, à la gare de Louvres et découverte morte  au terminus à Creil, à 11 heures 45. Elle a résisté à son agresseur qui voulait la violer, elle s'est débattue, elle a payé cet admirable courage de sa vie. Je désirais lui consacrer un billet tant cette tragédie me semblait emblématique d'un temps où la folie meurtrière faisait surgir des héroïnes du quotidien. Disparue, Paris Match lui consacre un très beau reportage. J'y reviendrai.

Dans le même hebdomadaire, Jean-Marie Rouart questionne Olivier Besancenot qui cite les révolutions cubaine et nicaraguayenne comme ses modèles. Rouart lui oppose à juste titre qu'elles se sont faites dans un bain de sang et l'élimination des libertés. Besancenot - et on croyait ce type de réplique aboli à jamais - rétorque, en substance, que les bains de sang sont imposés par les opposants puisque les massacres ne sont jamais "décrétés" par les révolutionnaires. Autrement dit, ce sont les victimes qui sont coupables.

Le président de la République est revenu. Il a retrouvé les accents du candidat et, d'un coup, la tactique politique est passée au second plan, dominée par l'expression de convictions fortes et profondes déjà connues mais qu'en ces temps troublés il était bon de répéter. Le magistrat et le citoyen que je suis a pu reprendre pied sur un territoire familier où l'exigence de vérité se conciliait avec une forme sans détour. Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas heureusement affirmé, au sujet des récentes émeutes, qu'il réfutait "toute forme d'angélisme qui vise à trouver en chaque délinquant une victime de la société, en chaque émeute un problème social" ? Ajoutant, dans une synthèse encore plus directe, que "la voyoucratie" n'avait rien à voir avec "la crise sociale". Ce langage dur et décapant n'est pas inutile si on veut bien prendre connaissance d'un certain nombre de déclarations ahurissantes qui ne sont pas loin de constituer, tant la complaisance pour l'intolérable frôle l'absolution, des incitations au pire. Je pense notamment à celles de Marwan Mohammed sur le site de l'Express.

Anne-Lorraine Schmitt, cette vaillante jeune fille, assise dans ce RER, pour se rendre à Orry-la-Ville où ses parents l'attendent pour déjeuner, ne sait rien encore du destin noir qui va être le sien à cause d'un criminel attiré par la proie qu'elle représente et sa solitude. J'essaie d'imaginer les rêves, les songes doux et agréables qui lui passent par la tête. Le bonheur de revoir ses parents, la certitude d'un dimanche paisible et chaleureux, la joie de conversations qu'on reprend et qui tissent un fil de l'existence plus fort que tout, l'espérance d'un amour peut-être, les élans du coeur. Elle est désarmée parce que rien ni personne ne la menace. Elle se trompe. Ce dimanche va être sa tombe parce qu'elle va être happée par une malfaisance telle que son intrépidité va la condamner encore plus implacablement que sa faiblesse, mais son sens de l'honneur et l'exigence d'être soi au plus haut ne lui laissaient pas le choix. Deux coups de couteau toucheront ses poumons et le troisième sera mortel, transperçant son coeur qu'elle avait grand.

Il semble qu'on ait arrêté le coupable. Je veux dire : le présumé innocent. On peut tourner en dérision le caractère trop parisien et people de Paris-Match mais pour sa capacité, sans voyeurisme ni vulgarité, de redonner vie, le temps d'une lecture et d'un regard sur une jeune fille éclatante, à un être odieusement supprimé, je ne saurais trop rendre grâce à cette publication.

Le président de la République a reçu le 29 novembre, à l'Elysée, les parents d'Anne-Lorraine.

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Voici les sites qui parlent de Il est revenu ! :

Commentaires

Si le Président s'oblige à recevoir une par une les familles endeuillées par de tragiques faits divers dans les mois et années à venir, il deviendra hélas le Président des Victimes. A vrai dire, l'émotion populaire face à d'aussi pénibles drames a pour mérite de rassembler largement autour de celui qui s'en empare et de créer un consensus à bon compte. En ces temps de désaffection dans les sondages, les imprécations faciles contre un présumé coupable ne peuvent que susciter l'adhésion. Une fois rappelé et promis que l'auteur sera châtié et envoyé au bagne, la dure réalité du quotidien revient massivement à la une. M. Sarkozy a-t-il oublié qu'il n'est plus ministre de l'Intérieur mais plus encore Président de la République? Ou bien l'exploitation médiatique de l'émotion populaire est-elle un rideau de fumée destiné à dissiper tous les autres sujets ? Nul n'est dupe.

Nous serions plus aptes à comprendre la perte de contrôle de la famille, des amis, des voisins de cette jeune femme face à un un viol, puis un crime qui furent odieux.

Il n'en sera rien, les téléphones portables ne vont pas sonner à travers tout son quartier pour organiser le lynchage.

Il est difficile, certainement impossible de pouvoir sonder la détresse des parents : peut-être un néant, un vide sans fond, un chagrin incommensurable qui vient de se coller à la peau jusque la mort ?

Que faire ?

Leur envoyer un mot serait peut-être trop, sûrement pas assez !

Puisqu'elle était catholique, souhaitons-lui de reposer en paix, qu'il y ait un après et qu'il soit de qualité, sans RER.

Une brillante étudiante, une passionnée de journalisme, une fille intelligente, disponible, gentille selon le journal qui l'avait prise en stage l'an dernier... Pourquoi sont-ce toujours les joyaux qui sont les proies de ces briseurs de vie ?
Pas difficile à comprendre, salir, casser les qualités qu'ils ne possèdent pas pour mieux se faire propriétaire de cette innocence qu'ils n'ont pas, une illusion qui ne peut fonctionner.

Se mettre à la hauteur de pouvoir séduire, aimer, rendre heureuse une Anne-Lorraine Schmitt n'est-il pas le plus beau challenge pour un homme digne de ce nom ?

Le viol... ce crime abominable, cet affreuse permission que certains s'accordent de disposer du corps et de l'esprit d'autrui.
Le meurtre... ce crime abominable où est enlevée la vie d'une personne refusant que le monde suive la volonté d'un petit monsieur, qui résiste !

Certains peuvent être rassurés, Michel Polac pourra toujours se vanter d'avoir : "déchargé sur le cul d'un petit souillon de pauvre, vicieux, connaissant la chose..." dans son journal intime. Les catholiques pourront toujours être mis au pilori de la demi-liberté d'expression, les gens cherchant à s'améliorer, à ne pas nuire pourront toujours être considérés comme des beaufs.

Il ne faut pas demander le rétablissement de la peine de mort pour ce genre d'individu qui prétextera la folie, mais une mise à l'écart définitive pour qu'une autre Anne-Lorraine ne vive pas le même sort dans huit ou dix ans par le même individu.

Il vaut mieux parfois aller lire "Le chant du monde" de Giono, savoir regarder comme ce monde en question peut être beau plutôt que s'attarder sur la fiente de cette société dyslexique.

http://www.koztoujours.fr/?p=533

très beau billet de Koz, aussi...

pensons à elle, à ses parents, à ses soeurs, samedi, jour de ses obsèques.

Il y a tellement de convictions, de ferveur, d'émotions dans l'hommage que vous rendez à Anne-Lorraine qu'il semble que votre billet ait été dicté par Bossuet.
Ces lignes ne peuvent pas laisser insensibles celles et ceux qui se sont unis par la pensée au drame que les parents de cette malheureuse jeune fille ont à subir.

Vous écrivez : "mais son sens de l'honneur et l'exigence d'être soi au plus haut ne lui laissaient pas le choix".

Je ne suis pas d'accord avec ces mots. Ils accusent, maladroitement, ceux qui se sont laissés faire.

Et non.

Ceux qu'on a battus, drogués, ceux qu'on a terrorisés n'ont pas à se sentir déshonorés par un exemple 'plus honorable' qu'eux, sans doute farouche, instinctif... enfin, je crois.

Les violés qui se sont tus, qui ont subi, et qui sont, parfois contre eux-mêmes, encore vivants... Je pense à ceux-là.


Quant au retour tant attendu, espéré, et votre soulagement, ravissement, le charme qui ré-opère, discours martial, ce tricolore qui ne serait que bleu-bleu-bleu,

je me doutais bien que ça fonctionnerait...

"Il" tient son monde.

"à la prochaine" écriviez-vous. Sans délai, donc.

La violence gratuite ou non est toujours à bannir et surtout à combattre autant que faire se peut.
Cette malheureuse jeune femme morte pour avoir voulu défendre son intégrité physique en est la preuve hurlante.

Ayant écouté notre président, j'aimerais aussi que l'on parle des policiers courageux et très professionnels qui sont intervenus dans cette banlieue.
Ils ont fait preuve de courage et surtout de sang-froid dans des moments pour le moins délicats. Car la République ne peut que s'appuyer sur eux pour justement combattre cette violence parfois légitimée par des utopistes donneurs de leçons.
Du moins j'espère qu'ils ne sont que des utopistes et non pas des personnes ayant des arrière-pensées nauséabondes.

En proclamant le dimanche 25 novembre "Journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes", l'Organisation des Nations unies invitait les gouvernements et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités destinées à sensibiliser l'opinion publique à ce problème.

C'est ce jour là, jour de la fête du Christ Roi, qu’Anne-Lorraine en toute innocence et en toute insouciance emprunta cette ligne du Nord de Paris, ô combien insécurisée, de Creil - Orry-la-Ville, pour un rendez-vous avec son agresseur, son meurtrier et la mort.

Les victimes de ce pays, elles, tout particulièrement, ne peuvent qu’unanimement à l’occasion de cette tragédie, lui manifester, ainsi qu’à sa famille, toute leur sympathie, percevant et ressentant plus ou moins intensément, la douleur et la terreur qu’elle dut vivre, dans un dernier combat mené contre son agresseur, ce, jusqu’à son ultime souffle de vie.

C’est un très bel hommage que vous lui rendez, monsieur Bilger.

Je me joins aux hurlements des loups, on a du mal à y croire, et comment peut-on faire de ce cauchemar la moindre récupération politique ? De quelque bord que l'on soit..
La dignité, où est-elle encore une fois ?

Oui le billet de Koz évoque la dignité, que faire d'autre à part ravaler nos maux en priant pour ces parents qui viennent de perdre leur enfant...
Oser mêler une crise de banlieue, de social, à une affaire de viol, de meutre n'est pas pensable. C'est indécent.
Je ne vois pas trop le rapport entre le début de ce billet ou se croisent Marwan Mohammed et Sarkozy, la voyoucratie et les problèmes sociaux, et cette enfant violée et assassinée par ce monstre, un malade mental.
Par égard pour cette enfant, notre enfant à tous, ne mélangeons pas les genres, contentons-nous de notre dégoût de la bête humaine face à la souillure de cette jeune fille, atrocement tuée.
Si je suis révolté par le peu de social que pratique le gouvernement, j'approuve entièrement quiquonque prêche la tolérance zéro pour ce crime immonde, répugnant, obscène, inommable.
Quel parent pourrait avoir la moindre tolérance ? Quel monstrueux vide garnira cette soirée, la journée de demain de cette maman, de ce papa?

J'avoue que la peine de mort m'a traversé l'esprit, mais mouton civilisé que je suis, je n'aurais sans doute pas le courage de me faire bourreau face à l'argument de la maladie mentale. Quoique... ce crime est tellement révoltant, insupportable...

Et Dieu sait que la terre supporte beaucoup de violeurs potentiels qui ne sont réfrénés que par leur lâcheté et/ou par les potentielles conséquences de la loi.

Rien n'est plus insupportable que la violence faite aux personnes.

Une Chinoise de cinquante ans, qui était avec une amie, à été assassinée pour 50 euros tout récemment, en pleine rue, à Saint-Denis (93), une rue très piétonnière.
Morte du coup de poing violent d'un "porc" en plein visage. Abominable.
Nicolas Sarkozy n'a pas invité la famille très intégrée de cette dame décédée après un court coma. Cette dame rentrait chez elle de son lieu de travail.


Il y a la France des voyous riches (les emplois fictifs, les caisses noires débordant de millions d'euros, l'indécente augmentation de salaire) et la France des voyous pauvres qu'on dit très "organisés"... Il me semble que les premiers font preuve aussi d'un certain sens de l'organisation...
Question de profane, est-ce au président de la République de décider et d'annoncer qui ira aux Assises et qui n'ira pas ?

Je ne suis pas sûre, moi non plus, que le rôle d'un président de la République soit de recevoir les parents des victimes, quelle que soit l'horreur qu'inspirent certains meurtres, viols, assassinats... et la compassion que nous puissions avoir. D'abord, sauf à y passer 24h sur 24, parce qu'il ne pourra pas les recevoir toutes, ce qui donnera donc des victimes "meilleures" que les autres. Et là je partage l'opinion d'olivier-p, la victime qui ne se révolte pas mérite notre même compréhension, aide et compassion (à vrai dire je déteste la compassion qui donne bonne conscience à peu de frais). Il n'y a pas de bonnes et de mauvaises victimes, des victimes "qui l"auraient cherché" comme on l'entend parfois.
Quant à l'autre partie du billet et au "il est revenu" : je suis personnellement fatiguée du côté Sarkozorro de notre Président.

c'est vrai !
la preuve après les preuves avant l'épreuve !!
qu'il soit béni, oui oui !!!
au travail les dimanches, au fait, bande de faits néants que nous sommes, dit-il !

(sinon Sbriglia aurait été enlevé que cela ne m'étonnerait pas, plus aucune nouvelle ailleurs qu'ici - sous un faux nom ? - : Sissi)

On ne peut bien sûr que partager la souffrance des victimes et de leurs familles et on ne saurait faire au président de la République un procès d'intentions politiciennes pour la manière dont il agit devant ces drames. Mais on peut tout de même s'interroger sur les choix de telle victime plutôt que de telle autre. Naturellement, on dira que l'accueil présidentiel doit être réservé aux crimes les plus odieux. C'est toutefois un peu simpliste et arbitraire. Si cette jeune femme avait été violée et non tuée, aurait-elle mérité moins de considération ?
Un autre élément est qu'il faut également laisser la justice agir avec sérénité et objectivité. La pression médiatique et populaire est déjà forte dans ce genre de drame. Que va-t-il en être si le président de la République y met également son poids ?
Les victimes méritent l'attention de toute la société et, si nécessaire, par la voix du chef de l'Etat. Mais il ne me paraît guère souhaitable que cela aboutisse à une "catégorisation" des victimes, ni à une nouvelle mise au pas de la justice, envisagée comme un instrument de satisfaction de l'émotion populaire, si légitime soit-elle.

Il suffirait donc, Philippe, que le candidat Sarkozy réapparaisse pour vous faire oublier le président Sarkozy : c'est sans doute un effet inattendu du plan Alzheimer dudit président!
Fort heureusement, il était "interrogé" par les deux sommités de la complaisance inquiète.

J'ai entendu ce matin la voix de Mama Galedou, cette jeune femme brûlée dans un bus en 2005. Une voix douce, cristalline, une expression juste et élégante. Je suis peut-être un chouia macho, mais je ne comprends vraiment pas comment un homme peut être seulement tenté de faire du mal à une femme.

Je visite ce site pour entendre une voix souvent discordante de la mienne certes, mais honnête et défendable.
Pas cette fois. Cette fois, je sursaute et m'insurge. Je veux croire que l'émotion vous a égaré pour que vous vous soyez abaissé, vous, à user des armes des escrocs (l'empathie au service de l'instinct, entre autres).
Utiliser la douleur abominable du fait divers si particulier pour en tirer des conséquences généralisantes (sur la voyoucratie dans les cités en l'occurrence mais ça pourrait être la propension au crime de populations surreprésentées dans nos prisons), ça relève du système de pensée qui sent le pastis et les cacahuètes rancies au comptoir du café du commerce. A chaque fois que je m'y laisse aller, je finis par avoir honte. Ca m'arrive encore trop souvent, et habituellement votre blog est un de mes antidotes. Je parle sérieusement.
Je ne veux pas vous insulter, juste tenter de vous choquer un peu, pour retrouver sous votre plume les dénégations de mes idées reçues, dans le respect de la mesure dont je vous crois toujours le dépositaire parmi mes "favoris".
Pardon pour la longueur de ma réaction.

@gabian
Vous devriez fréquenter davantage les salons de thé... Je suis d'autant plus à l'aise pour cette suggestion que (voir plus haut mon commentaire) je ne suis pas franchement d'accord avec ce post de M.Bilger.
Autre chose qui n'a rien à voir, plutôt que de traîner au zinc devant pastis et cacahuètes rancies (vos images aussi le sont un chouïa) pourquoi ne liriez-vous pas l'oeuvre d'un auteur franchement exceptionnel, le colombien Alvaro Mutis à qui Garcia Marquez (avant qu'il ne s'égare dans ses amitiés avec ce grand démocrate de Castro) avait dédié "Cent ans de solitude" ; le héros de Mutis est Maqroll el Gaviero, le gabian (comme votre nom).

@Bulle :"Question de profane, est-ce au président de la République de décider et d'annoncer qui ira aux Assises et qui n'ira pas ? "

C'est une toute nouvelle rédaction du Code de Procédure Pénale que Monsieur Bilger, bien meilleur connaisseur que moi du renvoi aux assises, ne manquera pas vous expliquer en détail.

Je désapprouve dans les deux cas la réception à l'Elysée par NS des familles endeuillées par l'accident de moto et par l’assassinat de cette jeune fille.

L’élection de NS a marqué un bouleversement considérable de la fonction présidentielle.

J'approuve cette transformation parce qu'elle permet de faire du chef de l'Etat l'acteur capital dans la prise en compte des réalités longtemps occultées par les gouvernements successifs.

J'approuve NS quand il va en Bretagne parler avec les pêcheurs et quand il se mesure aux cheminots. Je l'approuve quand il apporte son soutien à des policiers blessés. Il se situe là au cœur de soucis majeurs à relever et à résoudre pour notre pays.

Je le désapprouve quand il reçoit des personnes endeuillées ou victimes, dont le drame aussi épouvantable soit-il, est d'abord un drame singulier.

Je peux comprendre que NS tienne à témoigner à la famille d'Anne-Lorraine Schmitt ou à une famille endeuillée par la disparition d'un enfant l'émotion de la société toute entière. Il peut le faire au nom de tous. Mais dans une forme privée et retenue.

"Le magistrat et le citoyen que je suis a pu reprendre pied sur un territoire familier où l'exigence de vérité se conciliait avec une forme sans détour."

Philippe, c'est cela aussi "l'étrange Etat".

De l'étrange et du familier mélangés ou alternés, c'est à ça qu'il faut vous habituer. L'un ne peut aller sans l'autre. Je pense qu'en action politique, une des contreparties d’un bouleversement dans la conduite des affaires de l'Etat est la bizarrerie et l'étrange.

Vous allez vous habituer. Vous verrez.


Laurent Goldman a bien raison, si le président rejoint le cérémonial médiatique alors la justice aura à en pâtir !

Nous voyons que des journalistes angélisent le fait divers, le scandale des révélations du kiné dans l'affaire Marie Humbert (à Boulogne/mer une fois de plus) nous montrent qu'entre ce qui sert un format d'antenne, un feuilleton de journal et la réalité, il y a presque une dichotomie et c'est normal, le temps réduit de l'information qui s'enchaîne essentialise, réduit, il n'y a pas toujours de machiavélisme là-dedans, de calcul populiste ou politique : c'est la télé et ses obligations.

Qu'un président se montre en short ou en Ferrari, c'est son choix, même si je pense cela mauvais pour les institutions, mais qu'il pipolise aussi le fait divers, réduise l'indépendance de la justice, c'est tout autre chose.

Toujours dans les raccourcis, j'ai trouvé que l'islamophobie et l'antisémitisme mis sur le même plan hier soir dans le discours était une faute sémantique, éthique majeure. On ne peut mettre sur le même plan, la haine aveugle pour une ethnie et la critique d'une religion. C'est utiliser le procédé identique à celui de Khomeiny qui a inventé ce terme pour échapper à la critique internationale en se mettant au niveau des victimes de la Shoah.
Il va se passer un dysfonctionnement similaire à celui de la loi Gay-sot qui ne reconnaît pas l'universalisme du racisme, il n'y aura plus qu'une critique du catholicisme. Ceci dit, elle est bien pratique, on ne risque pas de se faire égorger ou de se faire tabasser par une milice.

Et si l'indignation, l'émoi évitait l'argumentation ?

Triste, je suis triste que deux gosses se fracassent bêtement en mini moto contre une voiture et y perdent la vie.
Je suis triste qu'une jeune fille perde la vie non pas à la suite d'un accident mais victime d'un meurtre commis par un "fumier" (excusez-moi).
Où est l'espoir ?

@ Catherine A.

Il faut comprendre que nul ne souhaite jeter la pierre à celles qui ont été violées, c'est clair. Ceci dit, cela ne doit pas empêcher de penser et de porter au pinacle les jeunes filles qui ont préféré mourir plutôt que de se laisser faire.

L'Eglise les appelle martyres de la pureté. Ça ne veut pas dire que les autres victimes sont condamnables, loin de là.

J'en parle d'autant plus aisément qu'Anne-Lorraine est une amie d'amis, et que j'ai une amie qui a été violée également.

@ Polydamas

Raisonnement hallucinant.
Une incontinence verbale de 1er ordre !
"martyres de la pureté"... faut le lire pour le croire ! Je crois que je vais aller vomir cette fois.

Une classification insensée des méritantes dans les degrés de la terreur ! Dans l'ignominie qu'elles doivent subir contre leur gré.
Vous n'avez sans doute jamais rencontré de vraies brutes, vous, pour avancer des âneries pareilles.

Une étiquette de plus, jugeant/évaluant que les femmes violées qui se laissent faire ne peuvent être portées au pinacle ?

Ironiquement, on devrait permettre aux jeunes filles de porter une arme, ça leur permettrait de se suicider juste avant d'être violées. Ainsi, elles seraient portées au pinacle pour suicide ? Non, l'Eglise ne comprend ni n'accepte le suicide. Zut, comment faire ?

"porter au pinacle les jeunes filles qui ont préféré mourir plutôt que de se laisser faire"
Parce qu'une jeune fille selon vous, préfère mourir que de se laisser faire ? Je doute qu'Anne-Lorraine ait privilégié un choix quelconque.
Les femmes ont généralement fichtrement le choix, plus particulièrement en ce qui concernait la petite Anne-Lorraine. On en serait presque au violeur-assassin gentleman qui vous demande aimablement quel sera le choix : pinacle ou pas pinacle?

Je crains que...

Une jeune fille préférerait sans doute ne pas se laisser faire et ne pas mourir ! Et une jeune fille violée et décédée n'a que faire de "pinacles". C'est monstrueux.

Pas plus qu'une jeune fille qui se fait violer mais qui se laisse faire parce que la peur du monstre l'a intensément submergée a besoin de pinacle. ELLE SAUVE SON UNIQUE PEAU, son unique vie.

On ne choisit pas dans ces cas-là, me semble-t-il, quel serait son meilleur pinacle pour l'avenir. Le seul pinacle qui vaut est la vie. La mort ne contient aucune gloire profitable sinon pour les illuminés.

J'en avais entendu dans ma vie de crétin patenté mais celle-là, elle est gratinée!
Ca me rassure, il y a des cas plus sérieux que le mien et qui méritent examen approfondi avec ou sans mise.

C'est vrai que l'Eglise, côté viol, est souvent bien placée pour parler. Surtout quand il s'agit de petits garçons.
On les appelle comment ceux qui, fort nombreux, sévissent dans l'Eglise?

Les martyrs des violés(és) ? Quel est leur pinacle ?
Ca sentirait presque un retour de l'Inquisition tout ça.
Le fanatisme religieux n'a rien à juger ou à évaluer, dans ce domaine le fanatisme religieux est incompétent.

On se sent heureux d'être loin des talibans.
L'existence de la justice me réconforte tout à coup. J'aime le fouet verbal, les soit-disant fureurs de mon avocat général, de mon procureur quand ils prêchent contre le criminel... Je crois que pour la première fois de ma vie, je vais aller m'acheter Paris Match, rien que de savoir que Paris Match existe me réconforte soudainement.

@ catherine

A propos du président.
Il faut juste espérer que ce n'est qu'un partage de l'émotion commune, et non un show médiatique, MAIS après tout, Nicolas Sarkozy est aussi un homme de chair et sang, sans doute capable d'émotions, et il semble être le seul à être capable de recevoir les parents d'Anne-Lorraine, car parmi toute nos élites bien pensantes et bien parlantes, personne ne s'est avisé de le faire.
Ça n'a rien de SarkoZorro cette démarche, elle peut être bêtement humaine. Nicolas Sarkozy est père, il ne faut pas l'oublier.


@Polydamas
Je ne doute pas un instant qu'Anne-Lorraine ait été une jeune fille exceptionnelle mais je me répète : il n'y a pas selon moi de bonnes et/ou de mauvaises victimes, le salaud qui l'a tuée n'en serait pas moins aussi salaud s'il avait assassiné une prostituée. Je ne crois pas que le rôle d'un président de la République soit d'être dans la compassion permanente. Madame Royal fut la caricature de l'assistante sociale pendant la campagne ; je n'attends pas qu'élu Sarkozy prenne la relève.
Quant à votre référence religieuse, elle me dérange. La foi est une affaire privée, elle ne doit pas servir de prisme à travers lequel notre société, notre justice, nos dirigeants analysent des faits. Pour revenir à Anne-Lorraine et pour rester dans vos références (il est dificile d'échapper à la culture judéo-chrétienne) je pense qu'Anne-Lorraine mérite sans doute mieux que d'être comparée à Sainte Blandine. Catherine A.

@ Catherine A

D'accord avec vous, mais un ami me disait qu'il y a 50 ans Auriol recevait déjà les victimes de drames et que Sarko a bien reçu les familles des deux victimes de l'accident qui ont mis le feu aux poudres en banlieue. Je ne vois donc pas pourquoi la famille d'Anne-Lorraine en serait exclue. Il semble que ce soit une tradition républicaine.

Que ma foi vous dérange, peu importe. Parce que chacun a une idéologie dont il est difficile de s'extraire. Enfin, elle n'est pas comparée à Ste Blandine mais à Ste Maria Goretti, plutôt.

@ Patrick

Quand vous aurez fini la provoc à 2 balles vous m'appelez. Je ne vois pas pourquoi les filles décédées pour éviter d'être touchées par un pervers poseraient problème aux autres victimes.

Vous connaissez l'héroïsme ? Le fait de donner sa vie pour des valeurs, même si sa vie doit y passer ? C'est ça qu'on salue, rien d'autre.

Car que vous le vouliez ou pas, Anne-Lorraine était catholique, fière de l'être, et se rendait à la messe au moment où elle a été tuée. Enfin, j'ai entendu parler de témoignages de femmes violées qui ont préféré se laisser faire plutôt que de mourir. Je ne leur jette aucunement la pierre, qu'on arrête de me dire ce que je n'ai pas dit.

Mais qu'on ne me dise pas que je n'ai pas le droit de saluer celle qui a choisi de ne pas transiger.

A Senlis ont commencé les obsèques de la jeune Anne-Lorraine.

Que la paix de notre Seigneur l'accompagne.


Dans cette actualité morose et triste, un peu de lumière. Une tradition Provençale :

Le début de la période calendale commence le 04 décembre jour de la Sainte Barbe (Barbara), premier évènement marquant de la préparation de Noël.
Cette sainte fut décapitée par son père après qu’il eût appris sa conversion au catholicisme.
Depuis le Moyen Age, on attribue à la sainte le pouvoir de protéger de la mort violente, elle est devenue la sainte patronne des métiers du feu et du danger : artilleurs, mineurs, pompiers, alpinistes.


La célébration de sa fête est associée à des rites de fertilité ou de divination : chaque année en Provence, ce jour là, on monte la crèche provençale et on met à germer, au chaud, sur un lit de coton humide quelques graines de blé ou des lentilles dans trois soucoupes qui symbolisent la Trinité. Soigneusement arrosées jusqu'à la Chandeleur, sans les faire pourrir, le soir du réveillon de Noël, on nouera des rubans rouges autour des pousses. Ces coupes orneront de leur verdure la crèche, (représentant le champ) et les extrémités de la table familiale.

Selon les traditions, une fois flétries, il faudra bien se garder de les jeter car elles ont des vertus magiques. On les transplantera après la Chandeleur, dans un champ ou on les brûlera et jettera les cendres recueillies dans un champ dans l'espoir de bonnes récoltes. Certains vont les faire sécher et les mettre dans un petit sachet conservé dans une armoire et en jettent une petite poignée dans le feu les jours d'orage pour éviter la foudre.


Un dicton provençal dit que le blé de la Sainte-Barbe est sacré car ses pousses présagent de l’année à venir :

« Droites et vertes, elles apporteront bonheur et prospérité,
Couchées et jaunies, elles annoncent du malheur. »

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