Pendant qu'on glose des jours durant sur le "casse-toi, pauvre con" du président de la République et sur sa demande d'avis au Premier président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel, des scandales infiniment plus graves risquent de se perpétrer en douce, dans l'indifférence générale.
A Poitiers, en particulier. Et ce n'est pas celui qu'on croit.
D'après le site de 20 minutes et le Monde, des étudiants de la Faculté de Poitiers, soutenus par la présidence de celle-ci, des professeurs et des politiques, se sont mobilisés contre l'affectation d'un professeur d'histoire du droit, en raison de son passé au sein du mouvement d'extrême droite le GUD.
Cet enseignant, Benoît Fleury, parce qu'il a été reçu premier à l'agrégation, avait le droit de choisir librement la Faculté où il désirait exercer. C'est la règle universitaire, elle s'impose à tous et elle doit bénéficier à quiconque se trouve en statut de pouvoir réclamer son application. A Benoît Fleury comme à tout autre, partout ailleurs en France.
Ce n'est pas la conception qui prévaut à Poitiers.
D'abord, une pétition réunissant quelque deux cent cinquante signatures, dont celles de trois députés socialistes de la Vienne et du Doyen de la Faculté des sciences humaines et arts, prétend s'opposer à la venue de ce nouvel agrégé parce que son passé ne plaît pas.
Ensuite, le président de l'Université Jean-Pierre Gesson s'est fendu d'une déclaration qui constitue une merveille sur le plan de l'hypocrisie et de la défausse. Jugez-en. "Les affectations, la plupart du temps, ne posent pas de problèmes mais la venue de ce juriste et nouvel agrégé d'histoire du droit est une source de trouble". Le conseil d'administration, en suite logique de cet admirable courage, a fait part de "sa plus vive inquiétude" et a demandé au président de la République (qu'on accuse, par ailleurs, de se mêler de tout !) de ne pas procéder "à la nomination et à l'affectation à Poitiers de Benoît Fleury... compte tenu de l'opposition de la communauté universitaire et afin d'apaiser les tensions".
Enfin, des étudiants (au fait, on ne sait jamais combien !) ont annoncé qu'ils perturberaient les cours du nouvel agrégé en lui rappelant à chaque fois son passé et exigent "qu'il renie ses engagements passés au sein du GUD".
Dans une démocratie digne de ce nom, cette simple relation devrait suffire pour faire dresser les cheveux sur la tête de n'importe quel citoyen même moyennement éclairé. Je n'ai pas l'impression que la France soucieuse des droits et des libertés va bouger pour Benoît Fleury. Mais j'oubliais : il était au GUD et cela suffit pour disqualifier son classement dont tout de même un certain nombre d'universitaires doivent être jaloux.
Commençons par les étudiants. J'ai déjà connu des imbéciles de cette sorte, mais aux antipodes politiques, qui au temps de ma jeunesse ne cessaient d'empêcher Maurice Duverger de faire cours en l'obligeant à se souvenir d'anciennes faiblesses. Les périodes, sur ce plan, se suivent et se ressemblent, tant la bêtise représente un impressionnant et durable dénominateur commun, un trait d'union inaltérable. Ainsi, aujourd'hui, parce qu'il émanerait de quelques jeunes gens excités, le totalitarisme serait acceptable et même respectable ? Sans faire frémir autour de soi, on pourrait pousser l'impudence jusqu'à vanter le désordre à venir, et l'arrogance jusqu'à exiger une contrition au sujet d'un passé qui ne devrait regarder que celui qui l'a connu et vécu dès lors que rien ne le rattache à un présent qui aurait un titre quelconque à le sanctionner. Va-t-on solliciter de ces inquisiteurs de poche une repentance pour les quelques mauvaises pensées ou attitudes médiocres que même eux ont pu abriter ou commettre ? Cette dictature d'un certain jeunisme, en dépit de la "conscience" politique qu'il s'attribue généreusement, n'est rien de moins, la plupart du temps, que l'intimidation d'un jusqu'au boutisme ignorant sur des lâchetés adultes.
Et ce totalitarisme tristement précoce est si pressé d'en découdre qu'il serait hors de question de laisser l'expérience suivre son cours, Benoît Fleury dispenser son enseignement et la règle être respectée. Et de faire le bilan ensuite, s'il y a lieu. Un tel retard serait intolérable. Il faut vite casser la mécanique dont le fonctionnement pourrait contredire toutes les craintes, et d'abord celles de l'intolérance et de l'idéologie.
Mais le président Gesson et son conseil d'administration n'étaient pas naturellement voués aux affligeantes reculades et sollicitations que j'ai rappelées. Rien ne les contraignait au pire qui en l'occurrence est une fuite éperdue de leurs devoirs. Comme il convenait de trouver un prétexte pour cet égarement, on a utilisé une méthode qui a déjà beaucoup servi. La formule est en effet d'un admirable opportunisme qui évoque "une source de trouble", le trouble étant précisément et seulement suscité par l'entrave mise à l'application de la règle et au respect des principes. Autrement dit, pour se justifier on se fonde sur un risque et une faute dont l'un et l'autre vous sont imputables. A supposer même que la rigueur de l'éthique universitaire puisse faire naître quelques contestations et dissidences, est-il permis d'interroger le président Gesson sur la conception qu'il se fait du rôle d'un chef ? Celui-ci n'est pas destiné aux temps calmes, "pour les affectations qui ne posent pas de problèmes", mais au contraire pour celles légitimes qui seraient pourtant attaquées. On n'a pas besoin d'un président d'université pour accompagner les mouvements faciles mais pour favoriser les opérations nécessaires. Derrière ces palinodies, le garant du droit, de l'équité et de la justice se déleste de sa mission pour la "refiler" au président de la République. Je ne doute pas une seconde que, parmi ces excellents apôtres, et j'y inclus les politiques concernés, il y avait probablement des adversaires de la démarche présidentielle de saisine de la Cour de cassation au motif qu'il aurait contourné l'Etat de droit. Et eux, réellement, en petit, qu'ont-ils fait d'autre, alors qu'ils n'ignorent pas que Benoît Fleury mérite d'enseigner à Poitiers mais qu'ils espérent transmettre à d'autres la responsabilité à assumer et la règle à observer. Après nous, le courage du quotidien !
La pétition a été avalisée notamment par trois députés socialistes. Je pourrais dire que c'est de bonne guerre au regard de l'histoire ancienne de Benoît Fleury mais je n'ai jamais présumé l'ineptie chez les élus de quelque bord qu'ils soient. Leur signature sur un tel document et pour le motif allégué est grosse d'un danger républicain qui dépasse de très loin la situation de notre agrégé. A force de ne jamais voir plus loin que le bout de leur idéologie, les députés finiront par détruire ce qui les légitime. Ils n'ont de sens et la représentation qu'ils mettent en oeuvre n'a de crédibilité que dans un Etat de droit. Qu'ils ne se leurrent pas. Le battre en brèche modestement, pour ne pas désobliger l'idéologie, c'est déjà trop, et cela va ouvrir d'autres espaces négatifs. Il n'y a pas d'infimes reculs quand la règle est claire, universelle, honorable et qu'on la transgresse.
En réalité, on attendrait une voix qui ait la force et la pertinence indéniables pour dire : cela suffit, ce sera comme cela ! Sans doute le plus grand malaise contemporain vient-il du fait que toutes les paroles se voulant et se croyant légitimes, plus aucune ne l'est, et qu'aucune instance ne fait plus AUTORITE ? Des démissions et des lâchetés de tous les pouvoirs intermédiaires jusqu'à la validité sans cesse contestée du Pouvoir, la société ressemble à une escalade dans laquelle plus aucune prise assurée ne serait possible. Où sont les maîtres, où sont les héros et les exemples, où est passée cette capacité exceptionnelle de penser, de diriger et de juger contre soi ? On a sans doute confondu trop vite la République avec l'indifférenciation de tout et pour n'avoir jamais voulu porter atteinte au mythe dévastateur et stérilisant de l'égalité, on a perdu les repères fiables, les critères indiscutés, les lumières évidentes, les citoyens capitaux. La règle dépend aujourd'hui du bon vouloir de ceux qui sont en charge. La lâcheté généralisée engendre un monde déboussolé. Le tissu national se déchire plus gravement à cause de ces relativismes subjectifs que par les apparentes offenses des transgressions ordinaires.
Je n'ai pas voulu écrire la phrase qu'on attendait de moi. Pour mon argumentation, j'ai refusé d'évoquer Benoît Fleury, le GUD, l'extrême droite en les condamnant. Cette solution de facilité, auprès de certains, aurait donné plus de prix à ma dénonciation. A mon sens, c'est le contraire. Abriter le droit, la liberté d'expression sous la morale, c'est les démonétiser, violer leur essence. Ma position n'aurait pas varié d'un pouce si, par extraordinaire, une telle affaire avait concerné un ancien militant de l'extrême gauche violente. Je préfère le roc des principes aux fluctuations des affinités dans ce domaine fondamental pour la démocratie.
Honte sur Poitiers si Benoît Fleury n'y est pas affecté.
"Nos professeurs nous apprennent aussi à regarder le passé pour mieux construire l'avenir. S'il s'agissait d'un ancien membre d'Action directe, notre réaction aurait je le pense été similaire quoique ces derniers n'ont jamais usé de la violence sur des personnes en fonction de leur couleur de peau, de leur appartenance sexuelle ou religieuse."
@ rutrapio : une telle réponse, si la source en est vraiment identifiée, ce qui me laisse dubitatif, vaut son pesant d'imbécillité!
Tant il est vrai que les gens d'Action directe, ne s'en prenant qu'aux représentants du capital ou des industries de l'armement, ne pouvaient être suspectés de racisme, d'homophobie ou d'antisémitisme ! Si le général Audrant ou Georges Besse avaient été noirs, homosexuels ou juifs, ils auraient certainement bénéficié d'un traitement de faveur! Que je sache, à part quelques horions, le GUD n'a jamais assassiné personne (je le dis d'autant plus que je fus victime de leurs sbires bien que non encarté à l'Unef)...
Affligeante, inquiétante, méprisable cette réponse...
Qu'on laisse l'agrégé faire son cours et qu'au premier dérapage avéré et ne résultant pas de la provocation, on le défère en Conseil de discipline : je ne partage pas ses idées mais je me... (air connu)
Rédigé par: sbriglia | 27 février 2008 à 16:05
Jean-Dominique Reffait
"Alors certes, les principes sont les principes, Fleury a été amnistié et a donc pu se présenter à l'agrégation"
Comme vous le savez sans doute, l'admission à l'agrégation se déclare sous réserve de la production d'un original d'un extrait de casier judiciaire n°3 lors de l'inscription, et tout faux document serait invalidant !
D'autre part, les copies sont corrigées anonymement (bien qu'il existe des cas de reconnaissance de l'écriture du candidat par le correcteur du Jury, tout comme il existe également de célèbres cas de fausses reconnaissance !!) – Tout comme dans le cas du baccalauréat, cet anonymat est garant de l’objectivité et ne saurait être remis en cause. Les oraux sont publics tout comme les audiences des tribunaux et il existe une circulaire du BO dont je n’ai présentement pas les références en mémoire qui dit que tout candidat est admis à solliciter des explications quant à ses notes. Il est clair qu’une minoration des notes qui se verrait motivée par l’appartenance du candidat à une famille politique donnée serait elle-même justifiable d’une qualification pénale.
Non, là je crois qu’il faut être raisonnable. On ne peut pas vouloir l’objectivité de la correction dans le cas de l’extrême gauche et la récuser dans le cas de l’extrême droite et vice et versa, sinon c’est à nouveau la porte ouverte à tous les abus. Ceci étant il est des cas où l’appartenance politique du candidat anonyme est beaucoup plus aisément discernable qu’en droit (= philo !!), maintenant il suffirait d’apporter la preuve qu’elle ait effectivement joué pour faire annuler l’ensemble des épreuves sur toute la France et l’Outre-mer !
Rédigé par: Catherine JACOB | 27 février 2008 à 18:16
Complètement d’accord avec vous monsieur l’avocat général, Fleury a le droit d’enseigner à Poitiers et les protestataires sont de beaux hypocrites. Ceci dit un jury d’agrégation n’est pas un jury d’Assises, il n’est pas le fruit du hasard. Les professeurs qui le composent - pour être pudique - arbitrent entre intérêt général (prendre les meilleurs) et intérêt particulier (pousser leur doctorant qui ne sont pas forcément très bons). Curieusement ce jury avait la particularité de comprendre des membres d’extrême gauche et d’extrême droite. Fleury, à cause de son antisémitisme passé, a-t-il réussi à se faire admettre par les deux bords (ce qui serait inquiétant) ou était-il simplement le meilleur ? Nous croyons naturellement tous à la deuxième hypothèse, qui montre la rédemption d’un extrémiste abject et violent. Bref nous croyons en l’institution. Souhaitons ne pas nous tromper et ne pas avoir été trompé. Et, comme les cocus ont bien le droit de croire en la fidélité de leur femme, je prends la défense du professeur Fleury.
Rédigé par: J-F Chassaing | 27 février 2008 à 18:26
Avant de commenter le billet je voudrais quand même rappeler à Bernard1 que les méthodes et la pensée de l'Inquisition s'apparentaient plus à celles développées par B. Fleury et ses amis et que je trouve quelque peu osé pour ne dire plus de les comparer à Galiléo Galilée. Que vous le vouliez ou non, c'est très exactement l'inverse.
Mais poursuivons.
J'ai eu connaissance de cette information fin de semaine dernière. Dimanche j'ai longuement hésité à écrire un billet sur le sujet, partagé que j'étais entre ma conception des libertés et mon refus de la violence.
Puis j'ai lu le vôtre Philippe Bilger, sans ambiguïté ni état d'âme, qui ouvrait mon champ de réflexion au-delà de ce simple fait divers.
La plus prestigieuse des agrégations, celle de l'histoire du droit, donne deux avantages, un poste direct de professeur en faculté et la liberté de choisir son affectation lorsqu'on est reçu premier. Ce fut le cas de B. Fleury. Cette nomination est soumise à la signature du Chef de l'Etat, ce qui explique la requête du conseil d'administration de la faculté.
Eu égard au mérite de ce jeune homme et à la liberté d'expression, j'aurais une tendance naturelle à dire "je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire", phrase que l'on attribue faussement à Voltaire, qui ne l'a jamais écrite, étant l'oeuvre d'une biographe anglaise, Evelyn Béatrice Hall, en 1906.
Seulement ce jeune homme ne se contente pas de dire, il agit. A tout le moins a-t-il agi de manière on ne peut plus violente et serait plutôt du genre "je ne suis pas d'accord avec toi et te bastonnerai pour que tu ne le dises pas." C'est du moins ce qui ressort de sa biographie lorsqu'en 1999 il affirme, selon Le Monde, dans "L'Echo des Savanes": "Nous, partout où il y a de la baston, on y va!". Puis, qu'il "faut rayer de la carte Israël". Entre autres subtiles pensées et actions d'éclat, comme celle qui lui valut d'être arrêté suite à une bagarre devant une librairie vantant le national-socialisme.
Alors je sais bien que d'autres avant lui sont passés par le mouvement "Occident" puis "Le GUD" et se sont amendés depuis pour devenir des hommes politiques connus, et je veux bien croire qu'il s'est amendé ou s'amendera dans un futur proche. Faisons-lui donc crédit de cette hypothèse, laissons-le dispenser ses cours mais observons-le attentivement et ne laissons rien passer, car toute violence, même et peut-être encore plus verbale, est intolérable. L'apologie de la haine et du racisme que l'on peut distiller aux détours de phrases et de cours s'immisce de manière encore plus indélébile dans les cerveaux qu'un oedème qui s'estompe en quelques jours, sauf si malheureusement le coup est mortel.
Vous écrivez enfin: "Sans faire frémir autour de soi, on pourrait pousser l'impudence jusqu'à vanter le désordre à venir, et l'arrogance jusqu'à exiger une contrition au sujet d'un passé qui ne devrait regarder que celui qui l'a connu et vécu dès lors que rien ne le rattache à un présent qui aurait un titre quelconque à le sanctionner."
Puis: "La formule est en effet d'un admirable opportunisme qui évoque "une source de trouble"
Et encore: "Autrement dit, pour se justifier on se fonde sur un risque et une faute dont l'un et l'autre vous sont imputables."
Mais ces sentences, Philippe Bilger, s'appliquent avec la même prégnance à la mesure qui vient d'être prise, dite de "rétention de sûreté". Là n'étant plus le débat, je conclurai simplement en affirmant qu'il n'est pas plus acceptable, et pour les mêmes motifs, de faire un procès d'intention aux uns comme aux autres.
Rédigé par: Patrick PIKE | 28 février 2008 à 02:03
Excellent ! Bravo ! Salutaire ! Voltairien !
"Comment ne font-ils pas le rapprochement entre la tyrannie de leur propre bêtise et celle des régimes oppresseurs qu'ils se flattent de honnir ? La haine de la liberté prend souvent le masque de sa défense."
Jean-François REVEL, in Mémoires "Le voleur dans la maison vide".
Rédigé par: Damien | 28 février 2008 à 04:04
Bah vous savez, on vient bien de voter une loi dont l'objectif est d'empêcher des crimes virtuels et hypothétiques commis par des gens potentiellement dangereux mais quittes de leur dette envers la société.
Pas étonnant qu'on cherche à prévenir des dérapages potentiels, virtuels, hypothétiques d'un professeur au passé trouble.
On marche sur la tête.
Rédigé par: zadvocate | 28 février 2008 à 11:16
Cher Monsieur, je vous lis toujours avec un grand intérêt, et il est sûrement vrai que toujours ramener M. Duverger à ses écrits sous l'occupation est injuste. Mais d'un autre côté je vous trouve un peu léger lorsque vous qualifiez de "faiblesse" les propos de juristes débutant leur carrière universitaire sous l'occupation et qui commentaient les lois scélérates comme on parle de droit du bornage. Il est bon aussi de se rappeler.
Rédigé par: Capulito | 28 février 2008 à 13:55
On lit dans Libération : "Ses condamnations ont par ailleurs été amnistiées, lui permettant de présenter un casier judiciaire vierge à l’agrégation d’histoire du droit, un concours qui se déroule tous les deux ans."
Si scandale il y a, il est plutôt là.
Il existe des règles pour empêcher l'accès de la Fonction publique aux gens indignes, pourquoi sont-elles si facilement contournées ?
Quant à "major de l'agrégation d histoire du droit", relativisons la performance : pour 2008, Wikipédia nous informe qu'il y a 8 postes pour 40 docteurs postulants. Vu ces pourcentages, en repassant le concours plusieurs fois, la grande majorité finira par être reçue à l'usure et le plus mauvais admis pourra même crânement affirmer en bombant le torse : "J'ai été reçu 8e !!!". On a connu sélection plus rigoureuse !
Rédigé par: Francois F. | 28 février 2008 à 14:18
Ce monsieur a les titres universitaires qui lui permettent de postuler à Poitiers. Le Président de l'Université doit appliquer la règle. C'est son rôle de dirigeant, quoi qu'il lui en coûte.
A ceux qui comparent le désir des universitaires de Poitiers avec la rétention de sûreté, je me permets de rappeler à ceux-là que la rétention de sûreté sera encadrée dans toutes ses phases par la justice et que c'est une décision qui relèvera d'elle seule.
Je pense que dans cette loi, nous ne sommes pas dans du bon vouloir ou dans l’arbitraire d'un président d'université trop vulnérable et poreux, dans sa position, aux diktats de personnes de tous genres et dont les motivations sont de toutes sortes.
Enfin si B. Fleury devait utiliser son enseignement ou son titre comme une tribune pour ses choix idéologiques, je pense que son influence serait moins inquiétante à l'université de Poitiers que tapie et planquée dans la clandestinité.
Car ce qui fait prospérer les tyrannies et les ignominies, c'est quand elles sont tues et ainsi, non contestées. Quand elles se chuchotent et se propagent à la faveur de l'ombre. Sous le manteau.
Rédigé par: Véronique | 28 février 2008 à 14:30
Cher Philippe Bilger,
Je désespérais que quelqu'un parvienne à rappeler s'agissant de cette affaire... le simple respect de la règle de droit, hors toute considération idéologique et / ou procès d'intention: dura lex, sed lex...
Vous l'avez fait comme vous en avez l'habitude, fort éloquemment : soyez-en remercié.
Rédigé par: jarod | 28 février 2008 à 16:16
Monsieur,
La plupart du temps, je trouve votre prose intéressante mais pas celle à propos de M. Fleury.
Certainement brillant, ce Monsieur ne fut pas qu'un simple membre du GUD. Il l'a présidé entre 1995 et 2000, (rappelons que le GUD était un groupuscule raciste, antisémite et d'extrême droite radicale) et a dirigé des attaques violentes, notamment contre la police.
Pour le moins, on peut comprendre que des étudiants et personnalités politiques réagissent à sa nomination comme professeur de droit à la faculté de Poitiers.
Bien cordialement.
Rédigé par: Le hérisson | 28 février 2008 à 17:43
"(je le dis d'autant plus que je fus victime de leurs sbires bien que non encarté à l'Unef)..." (sbriglia - 16h05)
Les faits d'armes et le portrait politique de sbriglia, d'un coup d'un seul : dans l'envie de vomir en raison des bottés du GUD, dans le "va te faire foutre" en direction de l'Unef...
Pour résumer la situation d'alors, dans les deux cas, ce fut :
"cassez-vous, pauvres cons"
Rédigé par: Véronique | 28 février 2008 à 18:11
@ Patrick PIKE
Pourtant les méthodes inquisitoriales, celles du XIII et XIVème siècles (après l'autorité est revenue au roi) s'apparentent à celles des universitaires de Poitiers... Abjuration d'un passé pour obtenir l'absolution... sinon en cas d'hérésie persistante c'était le bûcher, bien que l'absolution équivalait à la prison à perpétuité et confiscation des biens. Dans l'absolu, c'est un peu ça Poitiers, ou vous abjurez et on vous a collé la honte au nom d'un passé peut-être lointain, ou vous persistez dans vos pensées et c'est le lynchage. Madelin et Longuet subirent-ils le même affront ? Non bien sûr car ils surent (peut être hypocritement) abjurer, mais peut-être au fond d'eux-mêmes sont-ils relaps...
Rédigé par: Bernard1 | 28 février 2008 à 18:52
Très bien votre article M. Bilger !
Ce garçon, major, va sûrement méditer sur ce que l'actrice Arletty disait à la "libération" en parlant du Centre National des Ecrivains (CNE), et que Cousteau nommait "Ces haineux". Or donc ce CNE voulait embastiller tous les "mauvais" français : "Ils ont du talent, ça ne peut plus durer..."
Rédigé par: Joseph Michel Vilà | 28 février 2008 à 18:59
Bonsoir,
Sur France 3 Alsace, il y a eu un reportage au 19/20... " Pourquoi le Front National marche-t-il autant en Alsace?" (je ne sais plus les termes précis mais ceci était l'idée lancée).
Ils ont dit que c'était surtout les ouvriers et le milieu rural qui depuis des années votent pour ce parti.
Je n'ai pas mené l'enquête et je fais confiance aux journalistes.
Pourtant, lorsque j'avais affaire à du racisme, ce n'était pas majoritairement des ouvriers ou des ruraux qui me faisaient des réflexions "dures" sur mes origines !
Tout cela pour dire, en général, les convictions vers le Front national sont rarement dévoilées, avouées.
Lorsqu'en 2002... on n'entendait que des " C'est pas moi !"...et tout le monde de se révolter. La France disait avoir honte.
Etrange.
Ce professeur décrié n'avait pas été le seul à déposer un bulletin en faveur de l'extrême droite, cette année-là !
Je ne suis pas d'accord avec les idées (actuelles ou anciennes) de ce prof, mais, oui, il faut arrêter de crier au loup !
Quant à la hiérarchisation des infos, Philippe, vous savez, chacun voit midi à sa porte !
Les propos de notre président ont été malheureux, certes. Il a pensé tout haut !!
Je crois que notre président n'a pas eu de réponse directe car il est le président et qu'il a une garde rapprochée !
Dans la vie du commun des mortels, si Monsieur Truc insulte Monsieur Duchmoll, en général, cela finit par un corps à corps !
(rires)
Le gars qui a dit "Touche moi pas ! Tu me salis !" aurait eu un oeil tout bleu et notre président aussi... quelque part, si notre président n'avait pas été notre président !
Les hommes ont des rapports "virils" !!
Loin du glamour pailleté et faux-cul qu'on nous met sous les yeux.
Tant mieux, c'est cela la vie de Monsieur Tout le Monde. "Se frotter aux autres", loin des clichés à la "Amour, gloire et beauté !"
Dans tous les milieux, les hommes se sont toujours affrontés. Elle est loin, l'image sucrée du gant qui fouette la joue et la voix qui réplique : "Demain, Monsieur, le choix des armes !"
On rigole, on rigole.
Tout cela pour dire, oui, rien de déterminant pour le destin d'un pays, cet échange entre hommes ! C'est rien à côté des autres conflits qui polluent notre Terre, qui polluent la vie d'illustres inconnus (des salariés victimes de harcèlement moral pour qui ce genre de réflexion fait partie du quotidien, par exemple) !
Voilà, Philipe, j'ai fait du hors-sujet !
Bonne fin de semaine à tous !
Rédigé par: Ktrin | 28 février 2008 à 20:27
Le GUD n'était pas un mouvement d'extrême droite classique, son idéologie se tournait plus vers le nazisme et la terreur. C'était un groupe de nihilistes qui prêchaient la violence et la haine de l'autre et mettaient le tout en application. A tel point qu'il a fallu y mettre un terme en l'interdisant. Mais ce garçon, tout aussi respectable qu'il soit devenu, parce que c'est un notable maintenant, vous pensez bien, monsieur l'avocat général, prof de fac, a-t-il fait acte de repentance ? A-t-il simplement fait part de ses regrets pour tous les cassages de gueule, tous les tabassages auquel il a participé ? A-t-il fait une déclaration dans laquelle il reniait son idéologie raciste ? Ca va lui faire quoi de voir un juif ou un noir assister à ses cours ? Parce que là, il ne va pas pouvoir leur en interdire l'entrée.
Alors on dit que c'est un type extrêmement intelligent parce qu'il est sorti major de sa promo. Bravo, au moins il a pu poursuivre ses études sans que des énergumènes casqués viennent l'en empêcher à cause de ses origines.
La démocratie sur laquelle il a tant essuyé ses Rangers lui donne cette chance de professer sans tenir compte de son passé. Restons en démocratie, il faut qu'il ait ce poste. Mais si demain, quelques-uns viennent lui demander des comptes, il faudra qu'il assume... et tout seul, parce que ces petits copains nazillons ne seront pas là pour faire nombre, et on sait que ce genre de type n'est courageux qu'en meute...
Bienvenue dans un univers coloré et démocrate mon garçon.
Rédigé par: banastere | 28 février 2008 à 20:43
M.Bilger, j'ai lu votre article sur Agoravox où je sais que vous ne répondez que rarement, je le poste donc directement sur votre blog, car je serais curieux de connaître votre avis.
Je reviendrais plus particulièrement sur votre première phrase :
"Pendant qu’on glose des jours durant sur le "casse-toi, pauvre con" du président de la République et sur sa demande d’avis au Premier président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel, des scandales infiniment plus graves risquent de se perpétrer en douce, dans l’indifférence générale."
Je suis en gros d’accord avec vous, sur le "casse-toi pauvre con", mais pas sur la demande d’avis au premier président de la Cour de Cassation sur la la décision du Conseil Constitutionnel.
Je ne suis pas juriste comme vous, mais je tiens à vous rappeler que depuis le début de son mandat M. Sarkozy en est déjà à sa deuxième velléité de loi rétro-active.
La première fois, passe encore. On peut plaider l’ignorance, oui Nicolas Sarkozy est avocat de formation, mais bon, il n’était pas spécialisé en droit constitutionnel. C’est un peu gros, mais voyez, j’essaie de ne pas lui faire de procès d’intention.
La deuxième fois, par contre, soit il est amnésique, soit il est crétin, soit il a une idée derrière la tête. Je ne l’aime pas beaucoup, c’est un euphémisme, mais je ne crois pas aux deux premières solutions.
Voilà deux mesures populaires qui sont retoquées par le conseil constitutionnel, en toute logique me semble-t-il. Rappelons que le conseil constitutionnel n’est pas composé d’anciens maoïstes, anarchistes, trotskystes, etc... mais que tous ses membres sont de droite républicaine (chiraquiens pour la plupart, je sais) à l’exception d’un socialiste, Pierre Joxe (qui n’est quand même ni Emmanuelli, ni Mélenchon).
Ca sent le coup politique à plein nez.
Nicolas Sarkozy va pouvoir nous jouer les pleureuses, "je veux changer les choses mais la constitution m’en empêche".
Il faut donc modifier cette constitution "soixante-huitarde" (De Gaulle, dont Sarkozy a honoré le mémorial de sa présence, appréciera).
Deux voies s’ouvrent au président:
# Les deux chambres réunies en congrès
# Le référendum
La première est un peu périlleuse, les sénateurs moins soumis par leur mode de désignation à "l’opinion publique" et donc moins sujets aux tentations démagogiques (ça m’arrache la g.... de dire ça, mais on a pu le vérifier au moment de l’affaire des "tests ADN" ) vont à mon avis faire barrage.
La deuxième, par contre, avec une "opinion" chauffée à blanc (on devrait bien trouver un "multirécidiviste" en voie de libération), pour la sauvegarde de ses innocents enfants, devrait approuver la modification de ce principe de non rétro-activité.
Et là, ça devient franchement croquignolet.
Imaginons une "affaire" mettant en difficulté judiciaire un "ami" du pouvoir en place. Mettons un détournement d’argent public afin de financer le parti au pouvoir. Il suffirait de modifier la loi, lui appliquer le principe de rétro-activité pour laver l’honneur de notre bon samaritain.
Mais peut-être que M. Sarkozy ne s’évertue à décrédibiliser la Justice que pour gagner quelques points de popularité. Ou pas.
Sarkozysme-Berlusconisme même combat ?
Rédigé par: Masuyer | 28 février 2008 à 21:25
Monsieur Bilger, je ne suis pas du tout d'accord avec vous.
Une personne peut être brillante mais raciste, antisémite, fasciste. Est-ce qu'il faut lui permettre d'enseigner uniquement parce qu'il est brillant ? Ce professeur va enseigner l'histoire du droit selon sa vision du monde. C'est grave. Il risque de former (ou plutôt déformer) des étudiants.
J'ai lu sur le site de RUE89 ceci:
"Benoît Fleury a dirigé le GUD (Groupe union défense) à Assas. Un mouvement violent créé en 1968 et dissous en 2000, connu pour ses positions clairement racistes et antisémites. Dans une interview donnée à l’Echo des Savanes en 1999, celui qui se faisait surnommer "Lord", clamait son idéologie "fasciste, au sens italien du terme", estimant qu’il fallait "rayer Israël de la carte", et revendiquant son admiration pour le national-socialiste belge Léon Degrelle.
Benoît Fleury est aussi un bagarreur. Ce qui lui vaut à plusieurs reprises l’exclusion d’Assas, pour injures racistes, antisémites et agressions. Il écope même de trois mois de prison en 1998, pour avoir attaqué d’autres militants d’extrême droite."
"En 2000, le leader du GUD semble se calmer. Chargé de travaux dirigés à Rouen, puis maître de conférence à l’université de Montpellier I, ses condamnations sont amnistiées, ce qui lui permet de se présenter au concours pour l’agrégation d’histoire du droit. "
La question est: pourquoi, comment, par qui a-t-il été amnistié ?
Encore une fois, le racisme est un délit. Il semble qu'il n'ait pas été condamné à de la prison ferme. Il aurait dû l'être, et ne pas être amnistié, ce qui l'aurait empêché de passer le concours de l'agrégation.
Il y a d'autres étudiants brillants en France et je préfère voir des professeurs qui ne sont pas racistes.
Monsieur Bilger, je suis très déçue que vous souteniez si longuement et si ardemment ce genre de personnage. Avez-vous déjà demandé la condamnation d'un raciste de manière aussi énergique ?
Rédigé par: EK | 28 février 2008 à 22:59
Il semble que vous n'avez suffisamment fouillé dans le passé (pas si lointain) de M. Fleury. Son parcours est ponctué de violences et d'actes révoltants (dont certaines attaques à la hache et un acte d'explosion mineur à la bombe !).
Les règles sont là pour être respectées, mais peut-on accepter de les mettre au service de ceux qui dédient leur existence à les transgresser et à transmettre un message de haine ?
La faculté de Poitiers ne laissera pas son image se ternir en accueillant un professeur qui fera grandement baisser le niveau général de l'enseignement car M. Fleury a beau être brillant, ses cours ne manqueront pas d'être truffés de prosélytisme politique douteux.
De plus, la volonté politique actuelle étant de laisser de plus en plus d'autonomie aux universités, et plus particulièrement la possibilité de recruter elles-mêmes leur personnel enseignant, je ne vois pas en quoi il serait choquant aujourd'hui de faire connaître l'avis des autorités supérieures de l'université de Poitiers concernant cette nomination.
Je vous mets au défi de trouver une seule argumentation valable et honnête qui puisse permettre d'affirmer que la nomination de M. Fleury aura un impact positif pour l'enseignement supérieur français.
Rédigé par: Kartofell | 28 février 2008 à 23:48
M.Fleury aurait-il juridiquement tort parce qu'il est politiquement minoritaire ?
Après M.Redecker, professeur de philosophie de facto interdit d'enseignement par la menace, son cas illustre le totalitarisme de moins en moins rampant qui gagne la France.
Désormais, à l'étouffoir du politiquement correct pour faire taire au présent on ajoute l'assommoir des engagements passés pour en faire oublier jusqu'à la possibilité.
Rédigé par: lambrays | 29 février 2008 à 03:47
"Il semblerait que tenus dans l’enceinte d’un cours, pour autant que mes souvenirs personnels des infos de l’époque soient exacts, ils y ont choqué les étudiants à juste titre. Il me paraît donc que c’est à bon droit que l’université s’en soit saisie elle aussi et l'inverse eut été choquant."
Catherine, justement, les propos litigieux avaient été tenus hors de l'enceinte de l'université par M. Gollnisch, qui s'exprimait alors en tant que personnalité politique et non en tant que professeur. Je crois même me souvenir que les propos sur les chambres à gaz avaient été prononcés lors d'une interview sur la chaîne lyonnaise TLM, mais je peux me tromper. En tous les cas une chose est sûre : la section disciplinaire de Lyon III, cédant à la démagogie ambiante, a outrepassé sa compétence en jugeant un Gollnisch irréprochable en tant que prof (de nombreux étudiants avaient même manifesté en sa faveur) et ce afin de redonner un peu de lustre à sa vitrine.
Cette université traîne en effet la bien sale et injuste réputation de repaire de fachos, savamment entretenue par quelques associations, au premier rang desquelles l'association Hippocampe qui s'est donnée spécialement pour mission d'y traquer tout indice d'extrême droite. A l'époque, ces associations trouvaient en la personne du recteur Alain Morvan un indéfectible soutien, ainsi que dans la presse locale, qui ne manquait jamais une occasion de contribuer à la campagne de diffamation de l'université Jean Moulin. La pression sur l'établissement était donc, lors de l'affaire Gollnisch, très forte, d'autant plus qu'il se voyait au même moment (et cette fois à juste titre) épinglé pour diverses magouilles. Ceci explique, à mon avis, l'aberration que constitue la comparution de Gollnisch devant la section disciplinaire de Lyon III. Le climat généré par le constant activisme de ces démago-flics que sont les associations étudiantes, qui osent prendre la défense des intérêts des étudiants comme alibi de leur militantisme abject, explique les scandales du type de ceux de Lyon III ou de Poitiers aujourd'hui.
Rédigé par: Julien | 29 février 2008 à 12:17
@J-F Chassaing
"Fleury, à cause de son antisémitisme passé, a-t-il réussi à se faire admettre par les deux bords (ce qui serait inquiétant) ou était-il simplement le meilleur ? Nous croyons naturellement tous à la deuxième hypothèse, qui montre la rédemption d’un extrémiste abject et violent. Bref nous croyons en l’institution. "
Pourrais-je ajouter deux remarques:
1- Si l'on veut croire à la rédemption de la population carcérale qui dans 99% ne récidiverait pas, si j'ai bien entendu les explications, un peu confuses cependant, de Dominique Rousseau prof. de droit constitutionnel sur FR3 hier soir, il faut bien croire à l'éloignement d'un candidat brillant de ses excès de jeunesse, jusqu'à ce que l'expérience démontre le contraire. Dans ce cas de figure, ce qui pouvait être pardonné à une tête brûlée qui cherchait peut-être simplement à s'intégrer à ou à devenir le caïd une bande selon le même processus que dans les dites 'cités', deviendrait inadmissible dans le cas de l'adulte qui n'aurait rien retenu d'autre de l'histoire du droit que ce qui permettrait de le mal traiter !
2- Il arrive par exemple que le processus qui conduit un jeune à s'identifier à tel ou tel modèle social de comportement n'ait rien à voir avec sa véritable nature, mais seulement avec une forme de pression sociale.
Par ex. L'idée reçue que l'on a de l'homosexuel veut qu'il manifeste un certaine féminisation de manières. La douceur est donc souvent assimilée, par des gens qui ne connaissent pas la vraie nature de la femelle, à une telle féminisation et, par voie de conséquence, on cherche souvent à suivre une voie qui n'est pas la sienne du simple fait du cliché auquel on a l'air de correspondre.
Autrement dit encore, on peut devenir (sans le rester et parfois même devoir suivre une thérapie pour changer d'orientation) homosexuel du simple fait de la pression sociale qui n'admet pas que les hommes aussi puissent être doux sans qu'il n'y ait de l'homosexualité cachée quelque part vous a contraint, même dans le cas d'un caractère affirmé et structuré au fond, à correspondre à l'image qu'elle a de vous et qui vous assigne malgré tout une place dès lors que ce que vous êtes réellement ne trouve pas sa place parmi les autres.
Enfin, dès lors que l'on se comporte souvent de la façon dont on attend de vous que vous vous comportiez, autant attendre des gens qu'ils se comportent bien que de leur renvoyer en permanence une image négative d'eux-mêmes qui s'apparente parfois également, à du véritable harcèlement !
La mère qui pense que son rejeton est un con et s'attend à ce qu'il fasse 'connerie' sur 'connerie' a beaucoup plus de chance de fabriquer un délinquant que l'inverse.
Rédigé par: Catherine JACOB | 29 février 2008 à 12:45
Monsieur l'avocat général,
Je ne peux qu'approuver un appel aussi limpide du droit.
Vous n'avez pas souhaité aborder la question de l'appartenance politique ancienne de l'intéressé.
Au hasard des sites et des débats, voilà un témoignage (non anonyme) que j'ai pu trouver (reso-net) et qui corroborera votre analyse juridique par une évolution des faits.
On ne pourra qu'approuver :
"Homme de gauche depuis toujours, puis du centre, de famille antifasciste : Repaci. Bien que Benoît Fleury ait eu des propos inadmissibles il y a quelques années, depuis il a changé, je l’ai rencontré dans un dîner de famille et connaissant l'histoire de ma famille déportée et torturée par la Gestapo, il a compati, il a reconnu que jeunes nous nous serions sûrement disputés, mais depuis il a eu des remords et il a changé. Je crois que le confiner à ce qu’il fut fait de nous des êtres intolérants. Le devoir de la démocratie c’est d’assimiler tout le monde et non d'exclure.
Thomas Courtois-Repaci, ancien étudiant en droit à Malakoff et ancien membre du mjs Paris
- 28 février 2008 - 07:48
Rédigé par: jeanne | 29 février 2008 à 13:42
Le Président Mitterrand avait été « décoré » de la francisque. On ne l’a pas empêché d’exercer pour autant. Remarquez, il avait même défendu personnellement devant l’Assemblée nationale un texte novateur sur la pratique des écoutes. On sait dans les faits qu’il en a fait une stricte application. Il avait même voté contre la 5ème République avant d’en devenir son plus fervent défenseur.
On vise à sanctionner M.Fleury pour des propos qu’il n’a pas encore tenus. C’est curieux comme on peut faire un parallèle avec la rétention de sûreté qui, comme l’expliquait Robert Badinter très récemment à la radio, est une mesure qui, pour la première fois, s’applique à quelqu’un qui n’a pas encore commis les faits qu’on lui reproche.
Bref, étudiants, regagnez vos bancs, il vous reste encore du chemin à faire.
Intéressant, Monsieur l'Avocat Général, votre façon de détourner le sujet relatif à l’écart de langage du Président, en nous amenant tous vers un autre débat.
On aurait tout de même aimé avoir votre point de vue sur cette bévue dans une période où il discourt sur le retour des fondamentaux à l’école, dont la politesse constitue un pilier.
Pas sûr qu’un magistrat qui aurait la même conduite resterait en poste, lui.
Rédigé par: adeline | 29 février 2008 à 15:34
Ceux qui attaquent B. Fleury se trompent de cible. Tant que Fleury n'exprime pas ouvertement ses opinions il a le droit d'enseigner.
Le véritable problème ici à mon sens, c'est l'organisation du concours d'agrégation. Souveraineté du jury certes, encore faudrait-il qu'il ne s'agisse pas d'une simple cooptation. Pas d'anonymat ; des règlements de compte politiques internes. Comment être certain que Fleury n'a pas été classé premier grâce à ses convictions politiques, alors que l'on sait que la couleur politique du jury de ce concours est marquée (très) à droite ?
Il est connu que certains docteurs ou maîtres de conf décident de ne pas s'inscrire au concours car ils savent que c'est peine perdue : tel jury ne voudra pas d'eux quelle que soit leur qualité scientifique.
Tant qu'une réflexion n'est pas menée sur le mode de recrutement des professeurs (et des maîtres de conférences, placé sous le signe du localisme et du mandarinat), le doute planera toujours sur la qualité scientifique de ceux qui sont reçus à l'agrégation et c'est extrêmement dangereux pour l'image de l'université (et de l'histoire du droit en particulier).
Rédigé par: observateur des étranges coutumes universitaires | 29 février 2008 à 17:59